Handicap : 15 000 bénéficiaires verront leur allocation réduite de 600 euros par mois en 2027.

Handicap : 15 000 bénéficiaires verront leur allocation réduite de 600 euros par mois en 2027.

13.10.2026 14:17
3 min de lecture

À partir du 1er janvier 2027, environ 15 000 Français en situation de handicap verront leur revenu mensuel diminuer de 600 euros. Cette réduction résulte de l’interdiction définitive de cumuler l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation de solidarité spécifique (ASS), deux aides sociales antérieurement cumulables. Pourtant, aucun dispositif d’information officiel n’a été mis en place pour informer les bénéficiaires, qui ont souvent découvert cette situation par hasard sur Internet cet été, rapporte TopTribune.

Les allocations concernées : AAH et ASS

L’AAH : un revenu pour les adultes handicapés

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) assure un revenu minimum aux personnes atteignant un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou compris entre 50 % et 79 % tout en rencontrant des restrictions substantielles à l’accès à l’emploi. En 2026, l’AAH est fixée à 1 041 euros par mois, un montant qui reste en deçà du seuil de pauvreté établi à 1 337 euros pour un individu seul. D’après les chiffres de la Drees, environ 1,41 million de Français bénéficient actuellement de cette allocation.

L’ASS : pour les demandeurs d’emploi en fin de droits

L’allocation de solidarité spécifique (ASS) s’adresse aux demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage. Pour en bénéficier, il est nécessaire de justifier de cinq années d’activité salariée durant la décennie précédant la cessation du dernier emploi. Son montant est d’environ 600 euros par mois. Contrairement à l’AAH, l’ASS permet la validation de trimestres pour la retraite, renforçant ainsi la sécurité des futurs retraités.

La fin du cumul décidée en 2017

Un délai de 10 ans et les bénéficiaires concernés

Une loi votée en 2017 interdisait donc le cumul de l’AAH et de l’ASS. À cette époque, 35 000 personnes bénéficiaient de ces deux prestations. Un moratoire de dix ans a été instauré pour éviter un impact trop flagrant sur les allocataires. Actuellement, seuls 15 000 bénéficiaires continuent de cumuler ces aides, les autres ayant quitté progressivement le dispositif. À compter du 1er janvier 2027, le cumul sera définitivement proscrit.

Les raisons de l’interdiction

Les autorités n’ont pas de manière claire exposé les raisons précises de cette interdiction. Aucune communication officielle n’a accompagné cette décision. Interrogés par l’association APF France handicap en août 2026, ni le ministère du Travail ni la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) n’ont fourni de réponse. Le gouvernement préfère renvoyer au Parlement et au projet de loi de finances 2027, en cours de débat, laissant les bénéficiaires dans l’incertitude quant à d’éventuelles mesures compensatoires.

Conséquences pour les 15 000 allocataires : une perte de 600 euros par mois

Réduction de revenu et conséquences

Les 15 000 allocataires subiront une perte d’ASS, soit environ 600 euros mensuels, représentant un tiers de leur revenu total. Ils ne conserveront que l’AAH, soit 1 041 euros. Céline, 52 ans et sans emploi depuis 15 ans, explique : « Je ne pourrai plus honorer mon loyer de 670 euros sans les charges. Je n’aurai presque rien pour mes courses. Il est inacceptable de penser que 1 041 euros suffisent pour vivre, surtout avec les 30 % de frais supplémentaires liés au handicap. »

Impact sur la retraite

Au-delà de la perte financière immédiate, la suppression de l’ASS privera les bénéficiaires de trimestres de cotisation pour l’Assurance retraite, impactant ainsi leur pension de base, qui pourrait diminuer d’au moins 11 %. Pour ceux déjà éloignés du marché du travail, cette situation s’avère particulièrement défavorable.

Manque de communication officielle : questions en suspens

Le silence des autorités soulève des interrogations légitimes. Aurélie Foucher témoigne : « Personne ne m’a jamais avertie que le cumul prendrait fin fin 2026. J’ai appris cela par hasard sur Internet cet été. » Il n’y a eu aucune campagne d’information, aucun courrier personnalisé, ni aucun accompagnement vers d’autres dispositifs pour les concernés. L’association APF France handicap critique ce manque de mesures transitoires.

Le débat budgétaire national met en lumière une asymétrie préoccupante. Alors que les dépenses sociales représentent une part significative du budget de l’État français, les personnes en situation de handicap voient leurs ressources diminuer sans aucune forme de compensation. « J’aimerais pouvoir travailler, mais ma santé constitue un obstacle à l’embauche », partage Aurélie Foucher. La majorité des allocataires de l’AAH ne perçoivent pas l’ASS, mais cela ne devrait pas justifier de priver ceux qui en bénéficient !

Cette situation pose la question de l’attention portée aux citoyens les plus vulnérables en France. D’ici janvier 2027, ce sont 15 000 Français qui se retrouveront sous le seuil de pauvreté à cause de cette mesure.

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