
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment révélé dans son rapport semestriel que ses prévisions de croissance pour l’année 2026 ont été ajustées à la hausse, atteignant désormais 3,1 % contre 3 % en juillet dernier. Pour 2027, la prévision s’établit à 3,4 %, inchangée par rapport aux précédentes estimations. Lors des assemblées annuelles qui se tiennent à Bangkok, le FMI a exprimé des inquiétudes concernant l’épuisement des stocks stratégiques de pétrole ainsi que la vulnérabilité des finances publiques face aux série de crises économiques amorcées depuis 2020, rapporte TopTribune.
Kristalina Georgieva, la directrice générale de l’institution, a insisté sur l’urgence d’entreprendre des mesures politiques devant une dette publique mondiale, qui pourrait atteindre 115 % du PIB dans les économies développées d’ici 2031, en comparaison avec 108 % en 2025.
L’intelligence artificielle : un moteur inattendu de la croissance mondiale
Le vif essor des investissements dans le domaine de l’Intelligence artificielle est l’un des principaux facteurs ayant conduit à cette révision à la hausse. Les analyses suggèrent que ce secteur génère un choc en matière de demande et d’investissement, avec des prévisions de dépenses entre 660 et 690 milliards de dollars d’ici 2026. Kristalina Georgieva a déclaré que l’IA permettrait à l’économie mondiale de maintenir un taux de croissance proche de 3 %, en dépit des défis énergétiques rencontrés.
Les économies asiatiques, en particulier la Corée du Sud, profitent de manière significative de cette dynamique. Le FMI a ainsi ajusté à la hausse ses prévisions de croissance pour la Corée du Sud, les portant à 3,3 % en 2026, soutenues par les exportations de semi-conducteurs.
Des stocks pétroliers au plus bas depuis quatre décennies
Par ailleurs, le FMI a exprimé des préoccupations quant à la vulnérabilité du système énergétique mondial. Les tensions géopolitiques, notamment dans la région du Moyen-Orient, ont conduit à une utilisation massive des réserves stratégiques de pétrole, qui atteignent des niveaux critiques. Les réserves américaines sont notamment à leur plus bas point depuis 1982. Le FMI anticipe une réouverture du détroit d’Ormuz en mars 2027, marquée par un retour progressif des exportations pétrolières.
Zone euro : trajectoires divergentes entre les États membres
Concernant la zone euro, le FMI a légèrement rehaussé ses prévisions de croissance à 1,1 % en 2026, mais cela masque de véritables disparités entre les pays. Tandis que l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie voient leurs prévisions s’améliorer, la France, en revanche, fait face à une révision à la baisse, ses prévisions de croissance étant désormais fixées à 0,4 % pour 2026. La montée des prix de l’énergie ainsi qu’une faible confiance des consommateurs entravent la reprise économique française.
Inflation et dette publique : des menaces persistantes
En ce qui concerne l’inflation mondiale, celle-ci devrait atteindre 4,7 % en 2026 avant de légèrement redescendre à 4,1 % en 2027. Le FMI évalue à 35 % le risque que l’inflation dépasse 5 % en 2027. Les institutions financières doivent éviter de réagir de manière excessive aux hausses temporaires tout en se tenant prêtes à intervenir si nécessaire. Pour les économies avancées, la dette publique pourrait atteindre 115 % du PIB d’ici 2031, alors que dans les pays en développement, elle passerait de 74 % à 84 %.
Le FMI met également en garde contre une éventuelle réévaluation brutale des attentes en lien avec l’Intelligence artificielle. Un scénario pessimiste pourrait entraîner une chute de 20 % des actions américaines et un recul de 1,1 % de la croissance mondiale d’ici 2028, avec des impacts significatifs sur environ 40 % des emplois mondiaux, particulièrement dans les pays développés.
Recommandations politiques pour assurer la stabilité
Pour pallier ces défis, le FMI recommande d’adopter des stratégies budgétaires rigoureuses visant à contenir les pressions sur la demande, tout en plaidant pour une aide ciblée et temporaire afin de répondre à la flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. La politique monétaire doit donc être orientée vers la stabilité des prix, soutenue par l’indépendance des banques centrales. À moyen terme, le FMI préconise une approche globale destinée à renforcer la résilience face aux chocs climatiques et géopolitiques.
