
Au cours de la nuit du 11 au 12 octobre 2026, une cyberattaque a causé une crise logistique sans précédent dans de nombreux supermarchés en France. Les systèmes de réfrigération, censés maintenir une température entre 0 et 4°C, ont été mal reprogrammés en mode chauffage, atteignant des niveaux critiques de 50°C. En conséquence, des millions d’euros de produits ont été perdus, les rayons ont été réduits à néant et une faille de sécurité majeure a été révélée. Cette situation marque une attaque sans équivalent contre le système de distribution alimentaire, rapporte TopTribune.
Un scénario cauchemardesque
Peu après minuit, des hackers ont réussi à prendre le contrôle de Danfoss, le logiciel qui régule les systèmes frigorifiques de nombreux supermarchés français. Ils ont exploité une vulnérabilité existante dans les versions antérieures à 4 du logiciel, en détournant la fonction de dégivrage, ce qui a entraîné une augmentation dangereuse de la température. Ce problème était connu depuis mai 2025, selon l’agence américaine de cybersécurité CISA, mais n’avait pas été corrigé.
Au réveil du 12 octobre, les employés ont découvert l’ampleur des pertes : les produits frais, les surgelés, ainsi que les viandes et produits laitiers, étaient tous inutilisables. Sophie Matt, la gérante d’un Intermarché à Haguenau, a signalé des pertes de 50 000 euros, tandis que le Super U de Wasselone estime ses pertes à 220 000 euros. En conséquence, une réunion de crise a été convoquée par Danfoss avec des frigoristes et des distributeurs pour tenter de rétablir les systèmes, bien que cela soit souvent trop tard.
Les enseignes touchées
Le Groupement Mousquetaires, qui gère les enseignes Intermarché et Netto, est le plus durement touché, avec 300 magasins affectés et des pertes se chiffrant en millions d’euros. Les régions les plus impactées comprennent l’Alsace, la Normandie et le Grand Est. D’autres enseignes, telles que la Coopérative U et E.Leclerc, ont également subi des pertes significatives, bien que moins de magasins aient été concernés. Dominique Schelcher, le PDG de la Coopérative U, a qualifié cette attaque d’ « extrême gravité ». Cet événement met en lumière la dépendance critique à un nombre restreint de fournisseurs de technologies.
Vulnérabilités des systèmes frigorifiques
Les systèmes Danfoss sont conçus pour automatiser la modulation de température et incluent une fonction de dégivrage, détournée par les assaillants pour engendrer des dommages massifs. Une étude effectuée par Team82 (Claroty) a révélé que de nombreuses interfaces Danfoss demeurent accessibles sur Internet sans protection adéquate, laissant ces systèmes exposés aux attaques. Le faible taux de mise à jour et les coûts associés expliquent en partie pourquoi la faille découverte en mai 2025 n’avait pas été résolue.
Conséquences pour les consommateurs et mesures des autorités
Les supermarchés affectés se retrouvent face à des pénuries de produits frais et surgelés, avec des délais de réapprovisionnement qui pourraient s’étendre sur plusieurs jours. Les fournisseurs vivent des perturbations considérables, entraînant l’annulation de commandes et le refus de livraisons, impactant toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire. À moyen terme, les pertes financières résultantes pourraient provoquer une hausse des prix des produits frais.
Une enquête a été rapidement ouverte par le parquet de Paris, tandis que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) coordonne les efforts d’investigation pour identifier les auteurs et sécuriser d’autres infrastructures critiques. Cet incident souligne avec force la nécessité d’un renforcement des mesures en matière de cybersécurité pour protéger les infrastructures essentielles à l’alimentation.
