Une équipe de chercheurs dirigée par Sangeeta Bhatia, professeure au MIT, a développé une innovation majeure dans le domaine de la médecine régénérative : un « mini-foie » injectable capable de restaurer les fonctions hépatiques sans nécessiter de greffe chirurgicale, rapportent TopTribune.
Un procédé innovant pour le « mini-foie »
Les scientifiques ont conçu une méthode d’injection de cellules hépatiques en utilisant des microsphères d’hydrogel qui les maintiennent ensemble. Cette approche présente un avantage considérable : lorsque ces sphères sont compactées, elles se comportent comme un liquide, permettant ainsi une injection avec une seringue. Une fois dans le corps, le matériau retrouve sa forme solide.
Des résultats prometteurs chez la souris
Lors des expériences menées sur des souris, les « mini-foies » ont été injectés dans le tissu adipeux abdominal. Les cellules se sont agrégées et des vaisseaux sanguins se sont progressivement formés à l’intérieur du greffon, fournissant ainsi nutriments et oxygène.
Au cours de l’étude, qui a duré huit semaines, les hépatocytes transplantés sont restés viables et ont continué à libérer des protéines et des enzymes dans la circulation, reproduisant ainsi le comportement d’un foie sain. Selon les chercheurs, cette durabilité ouvre la voie à des traitements potentiels à long terme pour diverses maladies hépatiques.
Un aspect crucial est que ces greffons n’ont pas besoin d’être placés à proximité immédiate du foie. Tant qu’ils bénéficient d’un espace adéquat et d’un bon apport sanguin, les hépatocytes transplantés peuvent effectuer des fonctions analogues à celles des cellules situées dans le foie.
« Nous voyons cette technologie comme une alternative à la chirurgie, mais également comme un traitement transitoire en attendant une transplantation, car les greffons peuvent apporter un soutien jusqu’à ce qu’un organe soit disponible, » concluent les chercheurs. « De plus, si d’autres traitements ou greffons s’avèrent nécessaires, cette technologie injectable présente beaucoup moins d’obstacles qu’une nouvelle intervention chirurgicale. »