Marine Le Pen demeure en tête des intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2027. La candidate du Rassemblement national s’impose avec entre 33 et 35 % des voix dans les différents scénarios testés par un sondage Ipsos-BVA réalisé auprès de plus de 13 000 Français. Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe se placent respectivement en deuxième position selon les configurations, tandis que Gabriel Attal ne réussit pas à accéder au second tour dans les scénarios analysés, rapporte TopTribune.
Lorsque Edouard Philippe est présenté comme l’unique candidat du bloc central, il obtient 17,5 % des intentions de vote, devançant Jean-Luc Mélenchon, alors que Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate, atteint 12,5 %. Dans ce contexte, Marine Le Pen récolte 33,5 % des voix.
L’inconnu du bloc central
Dans un autre scénario tested, Edouard Philippe grimpe à 21 %, suivi par Jean-Luc Mélenchon à 16,5 %, tandis qu’Olivier Faure se contente de 5 %. Marine Le Pen se maintient à 34,5 %. Philippe ne parvient à se qualifier pour le second tour que dans ces configurations où il reste le seul représentant du bloc central contre Glucksmann ou Faure.
Jean-Luc Mélenchon accède à la finale dans quatre des six scénarios, capturant entre 15,5 et 17 % des intentions de vote. Son accès au second tour est assuré lorsque Gabriel Attal est l’unique candidat du bloc central, et dans les cas où Edouard Philippe et Attal continuent tous deux de briguer la présidence.
Gabriel Attal, représentant de Renaissance, est absent du second tour dans tous les scénarios testés. Depuis le début de la campagne, Philippe et Attal ont évoqué la possibilité d’un rassemblement du bloc central au début de l’année 2027, afin de désigner un unique candidat pour leur famille politique.
Le risque d’une « bascule populiste »
Au-delà des intentions de vote, le sondage révèle une forte envie de changement. Environ 71 % des Français interrogés espèrent un « vrai changement social et politique » lors de la présidentielle, contre 51 % avant celle de 2022. De plus, 54 % veulent une transformation « en profondeur » de la société, et 26 % « radicalement ». Le pessimisme s’accroît quant à la situation nationale ; 59 % des répondants se déclarent « inquiets », contre 38 % en octobre 2021, tandis que 51 % expriment une « incertitude » et 30 % de la « colère », un bond par rapport aux 16 % précédents. De plus, 74 % anticipent une détérioration des conditions de vie, contre 45 % en 2022.
Face à ces sentiments « négatifs » et à une « demande de radicalité » croissante, la France présente des caractéristiques qui pourraient mener à une montée du populisme, selon Brice Teinturier, directeur délégué d’Ipsos, cité par Le Monde. Il évoque l’« effet délétère » de la dissolution de 2024.
Cela dit, malgré l’imprégnation croissante d’une culture populiste, un tel tournant n’est pas considéré comme inéluctable. Teinturier souligne que cette dynamique pousse les candidats traditionnels à proposer des mesures plus radicales, ce qui pourrait banaliser le populisme en France, et affaiblir les partisans de la démocratie représentative classique.