En Hongrie, les contrats publics se concentrent autour des proches d’Orbán
En Hongrie, les contrats publics se concentrent autour des proches d’Orbán

En Hongrie, les contrats publics se concentrent autour des proches d’Orbán

04.09.2026 22:00
3 min de lecture

En Hongrie, les entreprises liées à quatorze oligarques proches du Premier ministre Viktor Orbán ont remporté 641 milliards de forints de contrats publics au cours du premier semestre 2026, avec une part particulièrement élevée de marchés attribués sans véritable concurrence, selon une analyse du Budapest-based Corruption Research and Business Institute (CRBC), rapporte TopTribune.

L’étude publiée avant les élections met en évidence une progression nette du poids de ces groupes dans les marchés publics hongrois. Durant les six premiers mois de l’année, les entreprises associées aux principaux hommes d’affaires du système Orbán ont représenté 40 % de la valeur totale des contrats publics attribués dans le pays. Un an plus tôt, cette proportion s’élevait à 13,7 %.

Le rapport du CRBC porte notamment sur les sociétés liées à Lőrinc Mészáros, István Garancsi, István Tiborcz et Lajos Simicska. Il cite également plusieurs entreprises considérées comme proches de ces milieux d’affaires, parmi lesquelles Duna Aszfalt, Homlok Kft., Lounge, Magyar Építő et 4iG.

Un niveau de concurrence particulièrement faible

L’institut a calculé pour ces acteurs un indice de risque de corruption de 0,759. Il s’agit, selon le rapport, du niveau le plus élevé enregistré depuis la création de cet indicateur en 1999. Concrètement, 75,9 % des contrats remportés par les entreprises concernées auraient été attribués sans procédure concurrentielle effective.

La comparaison avec les sociétés ne disposant pas de liens politiques constitue l’un des principaux éléments de l’étude. Pour ces dernières, la part des contrats conclus sans concurrence s’établit normalement à 28,7 %. Le CRBC relève ainsi un écart important entre les entreprises proches du pouvoir et les autres acteurs présents sur le marché des commandes publiques.

Le montant de 641 milliards de forints couvre les contrats obtenus par les quatorze groupes identifiés dans l’analyse. Le rapport ne présente pas ces marchés comme une série de décisions isolées, mais comme un ensemble de procédures dont les caractéristiques ont été examinées à partir de leur niveau de concurrence et de leurs liens avec les milieux politiques.

Les entreprises de proches du pouvoir au centre de l’analyse

Parmi les noms cités figure Lőrinc Mészáros, homme d’affaires régulièrement associé au réseau économique proche de Viktor Orbán. Le rapport mentionne également István Garancsi et István Tiborcz, ainsi que des sociétés rattachées à leurs activités. Lajos Simicska apparaît lui aussi dans la liste étudiée par le CRBC.

Les entreprises Duna Aszfalt, Homlok Kft., Lounge, Magyar Építő et 4iG sont citées dans le même ensemble. Le document ne se limite donc pas à une seule branche économique : il regroupe plusieurs sociétés ayant obtenu des contrats publics et présentant, selon les critères retenus par l’institut, des connexions avec les milieux proches du gouvernement hongrois.

La progression de leur part dans les marchés publics est l’un des chiffres centraux de l’étude. En un an, elle est passée de 13,7 % à 40 % de la valeur totale des contrats recensés pour la première moitié de l’année. Le CRBC distingue cette évolution de la seule question du nombre de contrats : son analyse porte sur leur valeur financière, ce qui place les montants attribués au cœur de ses conclusions.

Une enquête publiée avant les élections

Le rapport intervient plusieurs mois avant les élections hongroises. Le CRBC présente ses données comme un état des lieux de la commande publique pendant la première moitié de 2026, période au cours de laquelle la concentration des contrats autour des groupes identifiés s’est accentuée.

La publication intervient également alors que la situation économique hongroise fait l’objet de critiques. Le document et les éléments qui l’accompagnent mentionnent le faible niveau de consommation des ménages, le déficit budgétaire élevé et les différends opposant Budapest à l’Union européenne sur le respect des normes juridiques et la lutte contre la corruption.

Ces éléments sont cités comme cadre dans lequel les montants recensés par le CRBC doivent être lus. L’étude ne fournit pas, dans les informations publiées, de nouvelle estimation sur le niveau de vie des ménages ni de détail supplémentaire sur le déficit. Elle se concentre sur les marchés publics, leurs bénéficiaires et les conditions de leur attribution.

Le chiffre de 75,9 % ne signifie pas que tous les contrats ont été attribués selon une procédure identique. Il constitue l’indice calculé par l’institut à partir des marchés considérés et de leur absence de concurrence. De même, la proportion de 40 % correspond à la valeur des contrats attribués aux groupes étudiés, et non à l’ensemble des entreprises hongroises liées au pouvoir.

Le rapport du CRBC établit ainsi une distinction entre les sociétés identifiées comme proches des oligarques du système Orbán et les entreprises sans connexions politiques recensées dans son échantillon. Les premières affichent une part de contrats sans concurrence de 75,9 %, contre 28,7 % pour les secondes, tandis que leur poids financier dans la commande publique atteint 40 % au premier semestre 2026.

La publication du CRBC fournit pour l’instant une photographie chiffrée des contrats attribués pendant cette période. Les données portent sur les quatorze oligarques et les entreprises mentionnées dans l’étude, avec un montant cumulé de 641 milliards de forints.

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