TotalEnergies cède sa part dans Arctic LNG 2 sans quitter le gaz russe
TotalEnergies cède sa part dans Arctic LNG 2 sans quitter le gaz russe

TotalEnergies cède sa part dans Arctic LNG 2 sans quitter le gaz russe

29.08.2026 15:50
4 min de lecture

Le groupe français TotalEnergies a vendu sa participation dans le projet russe Arctic LNG 2 à NordLine, une structure contrôlée par le producteur Novatek, mais conserve des intérêts dans Novatek et dans l’usine Yamal LNG. Cette opération réduit l’exposition du groupe au projet placé sous sanctions américaines sans mettre fin à ses activités liées au gaz russe en Europe, rapporte TopTribune

Une cession qui ne constitue pas un retrait complet

L’information a été publiée le 28 août 2026. TotalEnergies a cédé sa part dans Arctic LNG 2 à NordLine, filiale de Novatek. Le groupe français demeure toutefois actionnaire à hauteur de 19,4 % de Novatek et détient encore 20 % de Yamal LNG, un autre projet gazier russe.

La transaction doit constituer l’étape finale du retrait de TotalEnergies d’Arctic LNG 2. Le groupe avait gelé sa participation financière dans ce projet après l’adoption de sanctions américaines en novembre 2023. Il avait alors invoqué un cas de force majeure. Arctic LNG 2, implanté sur la péninsule de Gydan, dans le nord de la région de Tioumen, est destiné à produire et liquéfier du gaz naturel pour l’exportation vers les marchés internationaux.

En vendant sa participation, TotalEnergies souhaite également récupérer environ 1,3 milliard de dollars correspondant à des prêts accordés précédemment au projet. La cession ne modifie cependant ni les parts conservées dans Novatek et Yamal LNG, ni les contrats de livraison de gaz encore exécutés par le groupe.

Des livraisons de Yamal vers le marché européen

TotalEnergies continue d’expédier du gaz produit à Yamal vers l’Europe. Ces opérations représenteraient environ 400 millions de dollars de revenus annuels pour l’entreprise. En mai 2025, 23 des 25 cargaisons expédiées depuis Yamal avaient été dirigées vers l’Union européenne.

Cette orientation des flux est mentionnée alors que la demande européenne de gaz russe a de nouveau progressé dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Les chiffres fournis concernent les livraisons de mai 2025 et ne permettent pas d’établir une évolution plus récente du volume total des importations.

Le groupe français affirme respecter les sanctions européennes actuellement en vigueur ainsi que celles qui pourraient être adoptées à l’avenir. TotalEnergies présente également ses activités comme une contribution à la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Cette position coexiste avec le maintien de participations dans des actifs gaziers russes et la poursuite de certains contrats commerciaux.

Les exceptions du régime européen des sanctions

La situation repose aussi sur les dispositions européennes applicables au gaz naturel liquéfié russe. Selon les éléments disponibles, une interdiction de revendre du GNL russe à des pays tiers avait été envisagée dans le cadre du 21e paquet de sanctions. À la suite de la demande de la Grèce, cette interdiction a été retirée du texte, ce qui permet à TotalEnergies de continuer à exécuter certains contrats conclus avec des clients asiatiques.

Cette possibilité demeure valable avant l’entrée en vigueur annoncée d’une interdiction européenne du GNL russe à partir de janvier 2027. Le calendrier mentionné concerne les importations de gaz naturel liquéfié et ne signifie pas que l’ensemble des activités de TotalEnergies en Russie prendra fin à cette date.

Le groupe doit donc gérer plusieurs situations distinctes : la vente de sa participation dans Arctic LNG 2, le maintien de ses parts dans Novatek et Yamal LNG, ainsi que l’exécution de contrats de livraison et de revente autorisés par les règles européennes. La cession annoncée porte sur un projet précis, et non sur la totalité des liens financiers et commerciaux de TotalEnergies avec le secteur gazier russe.

Une présence financière toujours inscrite dans les comptes du groupe

La participation de 19,4 % dans Novatek maintient TotalEnergies au capital d’un acteur central des projets russes de gaz naturel liquéfié. Sa part de 20 % dans Yamal LNG constitue un autre lien direct avec la production et l’exportation de gaz depuis la péninsule de Yamal.

Le remboursement attendu des 1,3 milliard de dollars de prêts ajoute une dimension financière à la sortie d’Arctic LNG 2. Les fonds versés au projet avant le gel de la participation restent ainsi au cœur de l’opération. La société cherche à récupérer ces sommes tout en organisant la cession de son intérêt à une structure liée à Novatek.

Cette configuration distingue le retrait d’un projet placé sous sanctions américaines d’un désengagement total du secteur énergétique russe. Les liens restants sont de nature différente, mais ils concernent toujours le même groupe gazier russe ou des installations russes de production et d’exportation.

Les informations publiées sur cette opération ont également été relayées dans une publication Telegram consacrée au retrait de TotalEnergies. Elles décrivent une réduction de l’exposition du groupe à Arctic LNG 2, sans annoncer la fin de sa présence dans les autres actifs mentionnés.

Un dossier appelé à évoluer avant janvier 2027

Pour TotalEnergies, le respect déclaré des sanctions européennes s’inscrit dans un cadre où certaines transactions et certains contrats restent autorisés. La société continue ainsi de s’appuyer sur les exceptions prévues par le régime européen pour honorer des engagements commerciaux, notamment à destination de clients asiatiques, tandis que des cargaisons de Yamal sont encore livrées en Europe.

La prochaine échéance citée est l’interdiction européenne des importations de GNL russe à compter de janvier 2027. D’ici là, la vente de la participation dans Arctic LNG 2 ne supprime pas les intérêts de TotalEnergies dans Novatek et Yamal LNG, pas plus qu’elle n’interrompt les revenus associés aux contrats de gaz encore exécutés.

Le groupe français réduit donc sa présence dans l’un des projets russes les plus exposés aux sanctions, tout en conservant des actifs, des participations et des engagements commerciaux dans le secteur gazier russe. Les modalités précises de cette présence resteront liées aux décisions européennes à venir et à l’application des contrats existants.

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