Secheresse en France : Pillemoine augmente le prix de l’eau pour limiter la consommation
La quasi-totalité de l’Hexagone est soumise à des restrictions d’usage de l’eau contre la sécheresse. À Pillemoine, dans le Jura, le maire a décidé, face à la crise hydrique, de multiplier par sept le prix de l’eau du robinet pour inciter les habitants à réduire leur consommation, rapporte TopTribune.
Dans cette commune de 60 habitants, la source qui alimente le village s’assèche inexorablement. Hervé Girardot, maire (SE), déclare : « Il n’y a pas de précipitations importantes depuis au moins un mois et demi, deux mois. On est sur un débit aujourd’hui qui est d’ordre de 2 à 3 m³ par jour. Alors que nos besoins, on est plutôt sur une dizaine de mètres cubes. »
Conscient que la sensibilisation à la consommation d’eau ne suffit plus, Hervé Girardot réagit en augmentant le coût de l’eau, passant de 1,10 euro le mètre cube à 8 euros. « Pourquoi cette mesure ? Parce qu’on a eu une expérience en 2018 où on avait alerté les habitants une première fois, une deuxième fois et il n’y a eu aucune conséquence sur leur pratique. » Cette décision radicale vise à provoquer un choc chez les résidents.
Suite à cette augmentation, une baisse immédiate de 20 % de la consommation a été constatée. Les villageois prennent désormais leur consommation en main. « Ça fait une sacrée augmentation, c’est vrai qu’au niveau de nos habitudes, ça a pas mal changé aussi. On fait vraiment attention à la consommation. Les douches, c’est vraiment moins de deux minutes au chrono, » témoigne une habitante, tandis qu’une autre ajoute : « Quand on fait la vaisselle, on ne fait pas couler l’eau. Je l’emmène dans une cuvette, puis je fais ma vaisselle. L’eau, c’est une pépite d’or quand même. »
Cependant, malgré ces efforts, l’approvisionnement en eau potable reste problématique. La municipalité se voit contrainte d’acheter de l’eau à une commune voisine à des prix élevés. Le maire évalue l’impact financier de cette mesure : « J’estime que ça a un impact qui peut être de l’ordre de 3 000 à 5 000 euros pour la commune. Ça paraît peu, mais pour une commune de 60 habitants comme Pillemoine, c’est un budget relativement important. »
Hervé Girardot espère pouvoir revenir au tarif habituel dès septembre, mais cela dépendra également des conditions météorologiques. En attendant, la situation soulève des préoccupations quant à la gestion de l’eau et à la durabilité dans cette région encerclée par la sécheresse.