Arnaque ciblant les clients de Bouygues Telecom : les criminels à l'œuvre.

Arnaque ciblant les clients de Bouygues Telecom : les criminels à l’œuvre.

19.08.2026 11:16
2 min de lecture

Un an après la vaste cyberattaque qui a touché Bouygues Telecom et exposé les données personnelles de 6,4 millions d’abonnés, les informations dérobées réapparaissent maintenant sous la forme d’une nouvelle fraude au phishing. Le 14 août 2026, de nombreux utilisateurs ont reçu un courriel simulant un prélèvement de 69,90 euros émanant de Classplus Pro, comportant leurs véritables coordonnées bancaires. Cette réutilisation des données volées souligne une réalité troublante : les répercussions d’une fuite de données continuent de se manifester bien après l’événement initial, rapporte TopTribune.

Transformation des données volées en outil de tromperie

En août 2025, Bouygues Telecom était la cible d’une des attaques informatiques les plus significatives en France. Des hackers ont réussi à accéder à des données sensibles, incluant noms, prénoms, adresses électroniques ainsi que les IBAN et BIC de millions de clients. L’opérateur a rapidement informé la CNIL et déposé une plainte. Cependant, un an plus tard, ces informations continuent d’alimenter des actions criminelles.

Les premières traces de l’exploitation de ces données ont émergé en juin 2026 avec l’envoi de faux documents associés à Amazon Prime. En juillet 2026, une seconde vague ciblant les mêmes clients a vu des courriels sur un abonnement à Cellcast Vidéos. Puis, le 14 août 2026, une nouvelle campagne, cette fois-ci liée à Classplus, a été lancée. Tous ces courriels annoncent le même montant de 69,90 euros et exploitent les fichiers volés d’un an auparavant.

Cette série d’escroqueries montre que les cybercriminels essaient diverses identités, puis affinent leurs méthodes en fonction des réactions des victimes. Les données dérobées sont sans doute en circulation sur le dark web, où elles sont revendues à plusieurs groupes criminels qui les utilisent de manière indépendante.

La valeur persistante des données de Bouygues pour les fraudsters

L’inclusion du véritable IBAN dans ces arnaques constitue le cœur de la manœuvre habile des fraudeurs. Ceux-ci exploitent le choc et la surprise engendrés par l’apparition inattendue de ces informations bancaires. Néanmoins, comme l’indique Iphon.fr, « un IBAN à lui seul ne permet pas d’effectuer un prélèvement sur un compte ; un prélèvement SEPA nécessite un mandat, une autorisation signée, que les cybercriminels ne détiennent pas. »

La vraie intention se dissimule derrière le lien « Contester ce prélèvement ». Ce dernier mène vers un site illégal conçu pour collecter les identifiants bancaires, codes de sécurité et autres informations sensibles. Les victimes, rassurées par l’affichage de leur propre IBAN, sont susceptibles de divulguer ces données confidentielles. De plus, la mention d’un délai de sept jours dans le courriel crée une pression incitant à des décisions rapides.

La répétition des campagnes sur plusieurs mois démontre une exploitation systématique des données de Bouygues. Chaque vague semble viser les mêmes 6,4 millions de victimes, mais les services prétendument souscrits varient : Amazon Prime, Cellcast Vidéos, Classplus Pro. Les appellations changent, mais le montant de 69,90 euros et la méthode restent constants.

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