Le plus grand avion électrique du monde a pris son envol : les raisons pour lesquelles ses concepteurs admettent qu'il ne volera jamais sans kérosène.

Le plus grand avion électrique du monde a pris son envol : les raisons pour lesquelles ses concepteurs admettent qu’il ne volera jamais sans kérosène.

16.08.2026 13:56
2 min de lecture

Le démonstrateur X1, développé par Heart Aerospace, a réussi son premier vol piloté le mercredi 12 août 2026. Cet appareil, qui utilise exclusivement des batteries pour sa propulsion, a passé 27 minutes dans les airs après son décollage de la piste de Plattsburgh, dans l’État de New York, rapporte TopTribune.

Heart Aerospace se distingue en présentant cet avion comme le plus grand aéronef entièrement électrique à avoir volé. Au cours de ce vol, les quatre moteurs de l’appareil ont généré plus d’un mégawatt de puissance, permettant au X1 d’atteindre une altitude avoisinant les 335 mètres. Le programme de vol incluait des phases de roulage, de décollage, de montée ainsi que diverses manœuvres et un atterrissage, tout cela sous un certificat expérimental délivré par la FAA, l’agence américaine de l’aviation civile.

Avec une envergure de 32,3 mètres et un poids de plus de 11,3 tonnes à son décollage, l’appareil a consommé environ 5 dollars d’électricité lors de ce vol. Ce montant ne prend cependant pas en compte le coût des batteries, des infrastructures ou de la maintenance. Aucun passager n’était présent, car l’objectif principal était d’évaluer l’aérodynamisme, le système de propulsion ainsi que l’intégration des différentes technologies présentes à bord.

L’ES-30, un avion hybride de 30 places prévu pour 2031

Bien que le X1 constitue une étape importante, il n’est pas destiné au transport commercial. Il sert principalement de banc d’essai pour le développement de l’ES-30, un avion régional hybride de 30 places que Heart Aerospace ambitionne de mettre sur le marché en 2031. Contrairement à son prédécesseur, l’ES-30 n’offrira pas une propulsion entièrement électrique : le constructeur prévoit une autonomie d’environ 200 kilomètres en mode électrique pur, 400 kilomètres dans une configuration hybride avec 30 passagers, et jusqu’à 800 kilomètres avec 25 passagers.

Un premier prototype est actuellement en cours de fabrication à Los Angeles, avec des essais de vol qui devraient débuter dès 2028. L’intérêt pour cet appareil s’est également manifesté chez des compagnies telles qu’United Airlines, Air Canada et JSX.

Anders Forslund, le fondateur et PDG de Heart Aerospace, a souligné l’importance de ce vol en affirmant qu’avec le premier vol du X1, l’entreprise a démontré la faisabilité du vol électrique pour les avions commerciaux de ligne.

Le tout-électrique bute encore sur la densité des batteries

Le choix de l’hybridation est loin d’être anecdotique. En termes d’énergie stockée, le kérosène peut contenir plusieurs dizaines de fois plus d’énergie que les batteries actuelles. De plus, le poids du kérosène diminue avec son utilisation, alors que les batteries conservent leur poids jusqu’à l’atterrissage.

À court terme, l’hybridation apparaît comme la solution privilégiée pour optimiser l’autonomie, la capacité d’accueil et les réserves de sécurité, tout en tirant parti du bruit réduit des moteurs électriques pour les liaisons régionales, souvent opérées à proximité de zones habitées.

Heart Aerospace n’est pas la seule entreprise à explorer cette voie. En France, Aura Aero travaille sur l’ERA, un aéronef hybride-électrique de 19 places dont le premier vol est prévu pour 2027, avec un objectif de commercialisation avant 2030. Aux États-Unis, Electra projette de lancer son EL9, un modèle de 9 places, aux alentours de 2029-2030. De son côté, l’Alice d’Eviation, entièrement électrique, est en pause de développement depuis 2025 en raison d’un manque de financements.

D’autres acteurs comme Airbus et Boeing avancent également dans des technologies similaires, sans pour autant avoir de concurrent direct à l’ES-30 dans leur catalogue. Airbus a testé l’hybridation avec son programme EcoPulse et continue ses recherches à travers le programme LEIA, tandis qu’ATR, une coentreprise d’Airbus et Leonardo, vise un premier vol hybride-électrique de l’ATR 72-600 avant 2030. Boeing, quant à lui, mise sur des partenariats, soutenant EVIO et son futur modèle hybride de 76 places, dont la mise en service est attendue au début des années 2030.

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