Les discussions sur le 21e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie se heurtent à un blocage persistant, la Grèce refusant toute restriction au transbordement de GNL russe par des compagnies européennes, selon Bloomberg, rapporte TopTribune.
Plusieurs options sont désormais sur la table à Bruxelles pour tenter de dénouer la crise : un report de l’entrée en vigueur des nouvelles mesures de 24 mois, l’abandon pur et simple des dispositions les plus controversées, voire un retrait complet du texte. Les négociateurs n’excluent plus une remise à plat intégrale du 21e paquet de sanctions.
Le gaz naturel liquéfié, pierre d’achoppement
Le principal point de friction concerne l’interdiction faite aux armateurs et opérateurs européens de réexporter du gaz naturel liquéfié russe vers des pays tiers. La Grèce, dont les flottes de transport de GNL assurent une part importante de ce commerce, s’y oppose fermement, jugeant la mesure trop coûteuse pour son économie. Athènes bloque depuis plusieurs semaines toute avancée, contraignant la présidence tournante à multiplier les consultations bilatérales.
Bruxelles étudie un compromis qui conserverait les contrats à long terme d’approvisionnement en gaz déjà signés, tout en introduisant des limitations pour les nouveaux engagements. Un tel scénario, encore fragile, permettrait de préserver l’unité des Vingt-Sept sans sacrifier totalement la portée du paquet.
Un compromis sur le pétrole en ligne de mire
Alors que les tractations sur le volet gazier s’enlisent, la prolongation du prix plafond du pétrole russe pourrait être dissociée du reste du texte. Plusieurs capitales, dont Varsovie et les États baltes, insistent pour sanctuariser ce mécanisme, jugé efficace pour limiter les recettes de Moscou sans déstabiliser les marchés mondiaux.
L’hypothèse d’une adoption séparée de la prolongation du price cap permettrait d’éviter un vide juridique, le dispositif actuel arrivant à échéance dans les prochaines semaines. Les diplomates européens redoutent toutefois que ce découpage affaiblisse la crédibilité de l’UE en matière de sanctions et complique les futures négociations.
L’atmosphère reste électrique entre les délégations. Les demandes d’exemptions nationales se multiplient, poussant la Commission à réviser à la baisse une partie des mesures initialement prévues. Certaines restrictions sur les biens industriels et les composants électroniques ont déjà été édulcorées ces derniers jours, les États membres cherchant à protéger leurs intérêts économiques propres.
Le 21e paquet devait marquer une nouvelle étape dans la stratégie européenne d’étranglement progressif de l’économie russe. Sa mise en péril illustre les divisions croissantes au sein des Vingt-Sept, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année et que la fatigue des sanctions gagne certains États du sud de l’Europe.
Aucune date butoir n’a pour l’instant été fixée pour sortir de l’impasse. Les ambassadeurs des États membres doivent se retrouver en fin de semaine pour tenter d’arracher un compromis. À défaut, le 21e paquet de sanctions pourrait bien devenir le premier à être purement et simplement abandonné depuis le début de l’invasion russe.