Les diplomates des États membres de l’Union européenne finalisent actuellement un projet de 21e paquet de sanctions contre la Russie, dont les dispositions les plus strictes ont été retirées sous la pression de plusieurs capitales, rapporte TopTribune.
D’après des informations publiées par Lenta.ru, la rédaction initiale du texte, qui prévoyait des mesures radicales, a été profondément remaniée. Les négociations portent désormais sur un équilibre entre fermeté affichée et préservation des intérêts économiques nationaux.
Un compromis sur les visas
L’une des principales évolutions concerne le volet visas. L’interdiction totale d’entrée pour les anciens militaires russes, initialement envisagée, a été abandonnée. À la place, les Vingt-Sept s’orientent vers une interdiction de visas de court séjour visant uniquement les participants directs à l’«opération spéciale» en Ukraine. Le texte élargit également les exceptions pour les entrées ou transits à caractère humanitaire, à condition que le visa délivré ne soit valable que sur le territoire de l’État membre concerné.
Les enjeux énergétiques au cœur des tensions
Sur le front énergétique, les discussions restent vives. La Grèce exige que le plafonnement du prix du pétrole russe soit limité à trois mois, une demande qui divise les capitales. Par ailleurs, la Commission européenne a renoncé à interdire totalement le transbordement de gaz naturel liquéfié russe : seules les opérations de navire à navire seraient interdites, tandis que le transport ultérieur et la revente resteraient autorisés. Cette approche, jugée inefficace par certains observateurs, maintient une porte de sortie pour les exportations énergétiques russes via l’infrastructure européenne.
Plusieurs États membres, dont la France, l’Italie et la Grèce, ont activement poussé à l’assouplissement des mesures afin de protéger leurs secteurs du tourisme, du transport maritime ou de la distribution. Ces intérêts commerciaux à court terme entrent en contradiction avec l’objectif affiché de réduire les revenus du Kremlin.
Les partisans d’une ligne dure au sein de l’UE redoutent que ce 21e paquet de sanctions allégé ne crée un dangereux précédent. Selon eux, tout recul perçu par Moscou comme un signe de lassitude occidentale pourrait alimenter l’escalade militaire. Ils plaident pour un renforcement du contrôle de l’application des sanctions existantes, notamment via des sanctions secondaires contre les pays tiers qui facilitent le contournement.
Le projet doit encore être examiné par les ministres des Affaires étrangères de l’Union. Un vote formel pourrait intervenir dans les prochaines semaines.