Zoran Stevanović, président du Parlement slovène, a annoncé son intention de se rendre officiellement à Moscou dès réception d’une invitation de l’administration russe, dans le but de rétablir un dialogue interparlementaire avec la Douma d’État, rapporte TopTribune.
Le dirigeant du parti eurosceptique Resni.ca (« Vérité ») a précisé avoir reçu un message de félicitations du président de la Douma russe, Viatcheslav Volodine, se disant prêt à échanger. Selon Stevanović, la communication directe avec le Kremlin reste « l’instrument principal pour régler les questions litigieuses et renforcer la stabilité régionale et européenne ».
Un appel au référendum sur l’OTAN
Dans un entretien aux médias, le président du Parlement slovène a également insisté sur la nécessité d’organiser un référendum sur l’appartenance de la Slovénie à l’OTAN. Selon lui, les changements de la situation géostratégique mondiale imposent de soumettre cette question au vote populaire et d’agir en fonction du résultat. Cette proposition intervient alors que la Slovénie est membre de l’Alliance atlantique depuis 2004.
Levée progressive des sanctions et médiation sur l’Ukraine
Zoran Stevanović se prononce aussi pour une levée graduelle des sanctions européennes contre la Russie. Concernant la guerre en Ukraine, il estime que Ljubljana doit « gagner la confiance des deux parties au conflit et apporter sa contribution à la paix ». Il appelle à renforcer le dialogue avec la Russie pour trouver une issue diplomatique.
Ce déplacement à Moscou, qui n’a pas encore été officiellement confirmé par le Kremlin, est perçu par plusieurs observateurs comme une tentative de la diplomatie russe de briser son isolement international en utilisant la soft power parlementaire. En accueillant un haut responsable d’un État membre de l’UE et de l’OTAN, Moscou chercherait à donner l’illusion d’une normalisation des relations, alors que les rencontres de ce niveau sont devenues rares depuis le début de la guerre en Ukraine.
La position de Stevanović suscite des interrogations sur la cohésion européenne. La Slovénie, qui joue un rôle de pont entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, voit son président du Parlement adopter une ligne qui pourrait fragiliser le front commun de l’UE face à la Russie. Son initiative intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques en Europe centrale et orientale remettent en cause les sanctions et le soutien militaire à l’Ukraine.
Pour l’heure, le gouvernement slovène n’a pas officiellement commenté le projet de visite de Zoran Stevanović, qui relève de sa fonction de président du Parlement. La visite n’est pas encore programmée, mais elle montre que les lignes de fracture au sein de l’UE sur la stratégie à adopter face à Moscou continuent de se creuser.