Alors que les températures sur l’Hexagone atteindront des niveaux très élevés dans les jours à venir, cinq conséquences à moyen et long terme desfortes chaleurssur le corps humain sont mises en lumière, rapporte TopTribune.
1 – Accélération du vieillissement biologique
Une exposition prolongée à des chaleurs extrêmes accélère le vieillissement biologique selon une étude de l’Université de Californie du Sud, dont les résultats ont été publiés dans Sciences Advances en février 2025.
Concrètement, les personnes exposées à davantage de journées de forte chaleur vieillissent plus rapidement que celles qui le sont moins.
Les âges biologiques et changements épigénétiques qui y étaient liés ont été étudiés sur de longues périodes, de 30 à 60 jours de fortes chaleurs, mais aussi sur 7 jours seulement : les changements, et le vieillissement biologique qui les accompagne, se déclenchent rapidement et pourraient même s’accumuler avec le temps, ce qui pourrait constituer un facteur de risque de pathologies liées à l’âge et de mortalité.
2 – Accélération du déclin cognitif
Lors d’une déshydratation, le cerveau, composé d’eau à 78 %, souffre aussi. Anxiété, maux de tête, altération du jugement peuvent survenir en cas de fortes chaleurs.
À long terme, la chaleur est également associée à un déclin cognitif accéléré, notamment chez les personnes à revenu limité qui disposent de moins de ressources pour se protéger (maison climatisée, parcs arborés…), selon une étude de l’Université de New York publiée en août 2023.
« Des expositions répétées ou prolongées à une chaleur extrême peuvent être préjudiciables, expliquait Virginia Chang, professeure agrégée de sciences sociales et comportementales à la NYU School of Global Public Health et autrice principale de l’étude. L’exposition cumulée à une chaleur extrême peut déclencher une cascade d’événements dans le cerveau, notamment des dommages cellulaires, une inflammation et un stress oxydatif, qui peuvent tous épuiser la réserve cognitive ».
3 – Augmentation des risques liés à la privation de sommeil
Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes fréquents, insomnies… le sommeil est mis à rude épreuve lors de fortes chaleurs. Après une nuit trop courte, les risques immédiats comprennent des troubles de l’humeur, ainsi qu’une baisse de l’attention et de la vigilance.
« À moyen terme, c’est une irritabilité importante qui peut s’installer, un risque de syndrome dépressif et surtout des difficultés d’apprentissage. Enfin, si le déficit de sommeil devient chronique, il y a un risque accru d’obésité et de diabète », écrit la Fondation pour la recherche médicale.
Le manque de sommeil affaiblit en outre le système immunitaire. Selon plusieurs études, il est également associé à un risque accru de certains cancers : cancers du sein, du colon, de la prostate notamment.
4 – Aggravation des maladies chroniques
L’effet est immédiat mais aussi différé : l’exposition à la chaleur peut provoquer l’aggravation de pathologies préexistantes comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales et neurologiques, note Santé Publique France.
Cette aggravation peut mener au décès. De nombreux facteurs directement liés aux fortes chaleurs sont en cause : la déshydratation, le stress thermique, une thermorégulation altérée, le pic d’ozone… Plus les vagues de chaleur durent, moins le corps récupère, ce qui accroît le risque d’exacerbation des maladies chroniques.
5 – Les reins en première ligne
Les reins sont des organes particulièrement à risque lors des fortes chaleurs. Exposés de manière prolongée, le risque de lithiase urinaire et de calculs augmente en raison de la concentration de minéraux dans les urines, même en cas de déshydratation légère.
« Il s’agit d’une maladie caractérisée par la formation de calculs au niveau de l’appareil urinaire. La déshydratation est un facteur de risque important de cette maladie, et l’incidence des pathologies lithiasiques augmente en période de fortes chaleurs », explique le Dr. Baptiste sur le site du groupe Louis Pasteur Santé.
Plus récemment, une nouvelle néphropathie a émergé, liée au réchauffement climatique. On observe un nombre croissant d’insuffisances rénales chroniques et terminales dans les régions les plus chaudes du globe, touche particulièrement les jeunes agriculteurs sans aucun facteur de risque.
Une première étude publiée en 2019 a mis au jour cette nouvelle maladie. Selon ses auteurs, le phénomène est potentiellement mondial. D’autres études ont confirmé que l’exposition à la chaleur et la déshydratation en sont les causes.
Récemment, une étude de Santé publique France a alerté sur la hausse des insuffisances rénales aiguës (IRA) en France en vigilance orange et jaune (+47 %).
« Il existe une plausibilité biologique avec une explication physiologique au phénomène observé, notamment par le biais de la déshydratation et de l’hypovolémie », note Santé publique France. La déshydratation peut entraîner une hypovolémie (déficit de plasma sanguin), elle-même à l’origine d’une IRA.