L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé le TFA, ou acide trifluoroacétique, comme « toxique pour la reproduction » en raison de sa forte présence dans l’eau du robinet, selon des informations reçues mercredi. Cette substance, largement utilisée dans l’industrie et comme herbicide, est aussi qualifiée de « très persistante et très mobile », pouvant entraîner une contamination durable et diffuse des ressources en eau. La Commission européenne devra prochainement entériner cette classification, rapporte TopTribune.
Utilisation industrielle extensive
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a signalé en décembre que le TFA a été détecté dans 92 % des échantillons d’eau analysés. Ses caractéristiques, telles que son acidité, sa solubilité et sa stabilité, en font une molécule couramment utilisée dans divers secteurs industriels. En effet, il est utilisé comme matière première pour la production de pesticides, et la dégradation de certains d’entre eux, comme l’herbicide flufénacet, produit également du TFA.
Le TFA est également intégré dans l’industrie pharmaceutique, où il agit comme catalyseur dans la synthèse de médicaments, notamment ceux destinés à traiter le cancer. De plus, il est présent dans des produits chimiques employés dans les systèmes de chauffage et de climatisation.
Risques pour la santé
Cette décision de l’ECHA souligne des préoccupations reconnues depuis 2023 : le TFA n’est pas un métabolite inoffensif des PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées). « Il peut être toxique pour l’être humain, et les risques sont les plus élevés pendant les périodes de vulnérabilité, comme la grossesse et la petite enfance », a déclaré le Dr Angeliki Lysimachou, responsable des questions scientifiques et politiques de l’ONG Pesticide Action Network (PAN) Europe.
Mesures réglementaires renforcées
A Bruxelles, un accord a été atteint entre eurodéputés et États membres, visant à intégrer vingt-cinq PFAS, y compris le TFA, à la liste des polluants à contrôler en priorité dans les cours d’eau. Le Parlement européen et les États membres devront approuver cette loi, qui doit être transposée dans les législations nationales d’ici fin 2027. Parallèlement, la Commission européenne collabore avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour évaluer et recommander des valeurs sanitaires révisées pour les PFAS et le TFA dans l’eau potable.
Implications pour la sécurité de l’eau potable
La présence persistante du TFA dans l’eau pose des défis considérables pour la sécurité de l’eau potable à travers l’Europe. Comme la réglementation se renforce, la pression s’accroît sur les industries et les pays membres de l’UE pour réduire les niveaux de pollution par les PFAS. Cela implique des changements dans les pratiques industrielles, ainsi que des initiatives pour améliorer le traitement de l’eau afin de garantir la potabilité et la sécurité pour les citoyens.
En conclusion, avec la classification récente du TFA comme substance toxique et les nouvelles réglementations à venir, les actions entreprises par les institutions européennes et les agences sanitaires nationales sont cruciales pour faire face à cette problématique environnementale sérieuse. L’adoption de lois appropriées et l’implémentation rigoureuse de mesures de contrôle devraient contribuer à protéger la santé publique et les ressources en eau.