Le réchauffement climatique rapproche les serpents venimeux des villes, selon une étude de l'OMS

Le réchauffement climatique rapproche les serpents venimeux des villes, selon une étude de l’OMS

28.05.2026 15:36
2 min de lecture

Une étude récente souligne une inquiétante tendance : le réchauffement climatique pousse les serpents venimeux à migrer vers des zones urbaines, augmentant ainsi le risque de morsures pour les populations locales. Publiée par les chercheurs de l’OMS dans PLOS Neglected Tropical Diseases, cette étude modélise la répartition actuelle et future de 508 espèces de serpents, dont les morsures peuvent être potentiellement mortelles, avec une précision au kilomètre carré près, rapporte TopTribune.

À l’échelle mondiale, les morsures de serpent causent chaque année environ 138 000 décès et 400 000 handicaps. Près de 4 millions de personnes sont mordues chaque année, dont environ 2 millions en Asie du Sud. Ces chiffres sont probablement sous-estimés, surtout dans les régions défavorisées où l’accès aux soins et aux antivenins est limité.

Les conséquences du changement climatique sur les serpents en France

La destruction des habitats naturels, notamment les forêts, les zones humides et les prairies, aggrave cette situation. Les serpents sont contraints à migrer vers de nouveaux territoires, augmentant ainsi leur interaction avec les humains. En France, par exemple, la vipère péliade pourrait être vue plus souvent à proximité des habitations. Bien que sa morsure ne soit généralement pas mortelle avec un traitement rapide, les experts conseillent une vigilance accrue.

Les auteurs de l’étude appellent les autorités à préparer des mesures de prévention, telles que le stockage approprié d’antivenins, le renforcement des capacités hospitalières dans les zones à risque, et l’amélioration de l’accès aux soins médicaux pour les victimes potentielles de morsures.

Les défis posés par les maladies infectieuses chez les serpents

Une autre étude menée aux États-Unis alerte sur les dangers liés aux maladies infectieuses qui touchent les serpents sauvages, en particulier les crotales. Cette recherche, financée par la Morris Animal Foundation, a révélé une exposition généralisée à plusieurs agents pathogènes parmi plus de 500 serpents sauvages de l’est des États-Unis. Les serpents de la région souffrent de maladies comme l’ophidiomycose, causée par un champignon et qui menace gravement leur population.

La principale auteure, le Dr. Corinna Mishin de l’Université de Géorgie, explique que des co-infections augmentent le risque de maladies plus graves chez les serpents, soulignant que près de la moitié des sujets examinés étaient porteurs de plusieurs agents pathogènes à la fois. En conséquence, les chercheurs demandent une attention accrue pour surveiller la santé animale et les impacts de ces maladies sur les écosystèmes locaux.

Implications pour la biodiversité et la santé humaine

Le phénomène de migration des serpents vers les zones urbaines pourrait également entraîner des conséquences pour la biodiversité locale. Les espèces répertoriées dans l’étude montrent des vulnérabilités accrues face à des infections, notamment les crotales pygmées, qui sont plus susceptibles d’être affectés par des maladies fongiques et des parasites.

Les résultats de ces études font écho à une nécessité urgente : une prise de conscience collective et des actions pour protéger les écosystèmes, ainsi que la santé humaine. Les autorités environnementales et de santé publique doivent collaborer pour protéger les populations de serpents et réduire le risque d’interactions conflictuelles avec les humains.

Vers une meilleure gestion des risques

À mesure que les serpents s’approchent des zones habitées, il devient essentiel d’établir des protocoles clairs de gestion des risques liés à la santé et à la sécurité. Cela comprend l’augmentation de la sensibilisation du public aux dangers des morsures de serpent, ainsi que la formation des personnel médical à la gestion des cas d’envenimation. Les stratégies de conservation doivent également intégrer les besoins de ces espèces face aux défis contemporains du changement climatique et des maladies.

En conclusion, ces études mettent en lumière les défis croissants posés par le réchauffement climatique et les maladies sur les populations de serpents. Elles soulignent également l’importance d’une approche intégrée pour gérer les impacts sur la biodiversité et la santé humaine, tout en préservant l’équilibre écologique naturel.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER