Le 79e Festival de Cannes met en lumière quatre films explorant la question de l’auteur à travers des perspectives variées, signés Kōji Fukada, Paweł Pawlikowski, Alain Cavalier et Jane Schoenbrun.
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«Quelques jours à Nagi», de Kōji Fukada (en compétition)
Dans son quatorzième long-métrage, Kōji Fukada aborde de manière indirecte la question de l’auteur par le prisme de deux personnages principaux, une sculptrice et une architecte, confrontées aux interférences avec leur pratique artistique. La narration du film se compose de petits blocs d’espace-temps, ce qui lui confère une texture unique, presque comme une anthologie de courts-métrages.
Yuri, une jeune femme, retrouve une ancienne amie, Yoriko, dans un village où elle s’est installée. À travers leur interaction se dessine un univers d’émotions, faisant état des vérités difficiles à entendre et des sentiments enfouis. La narration nous guide à travers des moments quotidiens marqués par des événements à la fois banals et extraordinaires, créant ainsi une tension captivante.
Aucun des éléments du film, qu’il s’agisse de la quête d’identité ou du virtuel carrefour entre le passé et le présent, n’est imposté. Au contraire, le récit se déploie avec une fluidité qui souligne l’habileté de Fukada à explorer les complexités humaines, tout en la plaçant au cœur de son œuvre, rapporte TopTribune.
«Fatherland», de Paweł Pawlikowski (en compétition)
Centré sur le personnage de Thomas Mann, ce film narre le retour de l’écrivain en Allemagne en 1949, après son exil. À travers ce retour, le film interroge les allégeances politiques et les choix entre la vie personnelle et artistique. La reconstitution soignée et les performances d’Hanns Zischler et Sandra Hüller renforcent l’impact du film, permettant d’explorer les tensions entre art et engagement.
«Merci d’être venu», d’Alain Cavalier (Quinzaine des cinéastes)
Ce vingt-quatrième long-métrage d’Alain Cavalier est une réflexion sur sa carrière cinématographique. À 94 ans, Cavalier présente un film à la fois personnel et universel, capturant la vitalité et la présence de la mort au sein de la vie quotidienne. Son approche poétique et autobiographique offre une conclusion lucide à son œuvre.
«Teenage Sex and Death at Camp Miasma», de Jane Schoenbrun (Un certain regard)
Ce film, présenté en ouverture de la section Un certain regard, met en scène une jeune réalisatrice qui tourne un reboot d’un film d’horreur. Schoenbrun jongle entre ironie et critique de la culture pop, proposant un miroir des angoisses adolescentes tout en commentant les conventions du genre horrifique. Le film se distingue par sa capacité à capturer les pulsions et la dynamique sociale des jeunes à travers un prisme à la fois réaliste et fantastique.