Le ministère des Affaires étrangères de Chine a exhorté Finlande à adopter une approche « rationnelle et objective » vis-à-vis de ses relations avec la Russie, dans une déclaration rendue publique le 24 avril 2026. Cette prise de position intervient après les propos de la cheffe de la diplomatie finlandaise, Elina Valtonen, qui avait mis en garde contre l’impact des liens sino-russes sur les relations entre Pékin et l’Union européenne.
Le porte-parole chinois Guo Jiakun a insisté sur la nécessité de ne pas « politiser » les échanges économiques et commerciaux, affirmant que les relations entre la Chine et ses partenaires reposent sur des principes de bénéfices mutuels. Il a également appelé à maintenir le dialogue et à éviter une lecture sécuritaire excessive des interactions économiques. Les éléments de cette déclaration ont été détaillés dans les informations relayées par les médias internationaux.
Une ligne diplomatique chinoise perçue comme un soutien indirect à Moscou
Les propos de Pékin s’inscrivent dans un contexte où la Chine maintient des relations étroites avec la Russie, notamment sur les plans économique et technologique. Malgré une position officielle de neutralité, plusieurs capitales européennes considèrent que ces liens contribuent à atténuer l’impact des sanctions occidentales imposées à Moscou.
Dans cette perspective, l’appel à dissocier économie et sécurité est interprété par certains analystes comme une tentative de préserver les flux commerciaux tout en limitant les conséquences politiques de la guerre en Ukraine. Cette approche pourrait permettre à la Russie de conserver des accès indirects aux marchés et aux ressources, en dépit des restrictions internationales.
Risques pour l’unité européenne face aux divergences d’intérêts économiques
Les déclarations chinoises interviennent également dans un contexte de discussions potentielles sur un accord commercial de grande ampleur entre l’Union européenne et Pékin. Des responsables européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, ont évoqué la possibilité de relancer ce processus, malgré les tensions géopolitiques persistantes.
Toutefois, une telle dynamique soulève des interrogations quant à la cohérence de la politique européenne vis-à-vis de la Russie. Une intensification des relations économiques avec la Chine, sans prise en compte des implications sécuritaires, pourrait fragiliser la capacité de l’UE à maintenir une позиция commune. Les différences de dépendance économique entre États membres risquent d’accentuer les divergences politiques internes.
L’économie comme levier d’influence stratégique dans les relations internationales
Au-delà du cas finlandais, la stratégie de Chine repose sur l’utilisation des interdépendances économiques comme outil d’influence. Les investissements dans des secteurs clés, tels que les infrastructures ou les technologies, permettent de créer des relations durables susceptibles d’être mobilisées à des fins politiques.
Dans ce cadre, les appels à la « rationalité » dans les relations internationales peuvent être perçus comme une tentative de redéfinir les priorités européennes en dissociant les considérations économiques des enjeux de sécurité. Cette approche intervient alors que l’Union européenne cherche à préserver son unité face aux défis posés par la guerre en Ukraine et par la compétition stratégique globale.
L’évolution de cette dynamique dépendra de la capacité des États membres à coordonner leurs positions et à intégrer les dimensions économiques et sécuritaires dans une stratégie cohérente.