Face à la montée préoccupante des fraudes aux virements bancaires, un nouveau mécanisme sera instauré en mai 2026 pour garantir la sécurité des transactions. La création du Fichier national des comptes à risque de fraude (FNC-RF), administré par la Banque de France, vise à permettre aux institutions financières d’identifier les comptes suspects avant toute opération. Ce changement soulève des questions essentielles quant à sa pertinence et l’impact qu’il aura sur nos pratiques bancaires, rapporte TopTribune.
Une augmentation inquiétante des arnaques
Les cas de fraudes liées aux virements bancaires se multiplient, avec un préjudice moyen de 450 € par incident pour les victimes. Parmi les arnaques les plus fréquentes figure l’« arnaque au faux RIB », qui consiste à insérer un numéro de compte falsifié dans une facture. Parallèlement, des individus se faisant passer pour de « faux conseillers bancaires » réussissent à usurper l’identité de conseillers légitimes afin d’obtenir des informations sensibles. Les malfaiteurs détournent également les prélèvements SEPA grâce à des coordonnées bancaires frauduleuses, touchant environ 280 000 comptes chaque année, ce qui souligne l’urgence d’améliorer cette protection.
Un outil novateur pour une meilleure protection
Adoptée en novembre 2025, la loi n° 2025-1058 institue le FNC-RF. Cette base de données sera accessible à tous les établissements financiers et recensera les comptes suspects identifiés pour fraude. Avant d’exécuter un virement, les banques seront tenues de consulter ce fichier afin de vérifier si le compte destinataire est listé parmi les comptes à risque. En cas de correspondance, une alerte sera immédiatement générée, informant le client et interrompant le transfert d’argent, ce qui permettra d’éviter une éventuelle perte financière.
Le FNC-RF ne sera pas exclusif aux banques ; il sera également mis à la disposition des Urssaf, facilitant ainsi la détection des fraudes aux cotisations sociales. En plus de la Banque de France, des institutions telles que LCL, BNP et Crédit Agricole participeront à cette initiative collective visant à prévenir la fraude.
Les nouveautés apportées par ce dispositif
Depuis octobre 2025, une initiative complémentaire a également été instaurée : la vérification obligatoire du nom du bénéficiaire, connue sous le nom de Vérification of Payee. Cette démarche impose aux banques de s’assurer que le nom inscrit lors d’un virement correspond bien au titulaire du compte. En ciblant les établissements ayant laissé des failles aux fraudeurs, cette vérification renforcée va permettre d’améliorer la détection des anomalies et des tentatives d’escroquerie.