Le Nutri-Score pourrait s'étendre à d'autres domaines que les emballages.

Le Nutri-Score pourrait s’étendre à d’autres domaines que les emballages.

10.04.2026 11:17
4 min de lecture

Le Nutri-Score n’est pas encore obligatoire en France. Cependant, le texte publié le 27 mars 2026 met la question sur le devant de la scène avec une proposition précise : afficher ce repère nutritionnel non seulement sur les produits, mais également dans les messages commerciaux qui influencent les achats quotidiens, rapporte TopTribune.

Nutri-Score : Les changements potentiels pour les consommateurs

Actuellement, le Nutri-Score est un dispositif facultatif, conseillé par les autorités mais laissé à la discrétion des entreprises. Ce nouveau projet de loi vise à transformer cette situation en rendant son affichage obligatoire, tant sur les produits alimentaires que sur les supports publicitaires. Ainsi, les consommateurs ne seraient plus confrontés à une diversité d’affichages, mais à un repère qui se veut universel.

Le point le plus délicat ne concerne pas uniquement le secteur des ventes. Le texte souhaite également appliquer cette obligation à la publicité, que ce soit via la télévision, la radio, Internet ou d’autres plateformes promotionnelles en France. En d’autres termes, l’information nutritionnelle ne serait plus uniquement disponible lorsque le produit est physiquement présent dans le magasin. Elle apparaîtrait aussi antérieurement, dès la mise en avant du produit dans le cadre de campagnes marketing.

Cette extension n’est pas insignifiante. Dans son introduction, les auteurs du projet soutiennent qu’il est essentiel de fournir aux consommateurs des informations coherentes tout au long de leur parcours d’achat. Ils notent ainsi : « La nécessité d’afficher le Nutri-Score sur les emballages des produits alimentaires est également une demande sociétale très forte. » Leur raisonnement est limpide : puisqu’il est jugé utile pour comparer les produits, il devrait rester visible là où se suscite le désir d’achat.

Cependant, la mise en œuvre de cette mesure ne se fera pas immédiatement. Le texte n’a pas encore été validé : il a été soumis, puis renvoyé à la commission des affaires sociales. Avant que cela ne devienne une réalité, un examen parlementaire sera nécessaire, suivi de votes et, éventuellement, de textes complémentaires. À ce stade, il s’agit donc d’une initiative politique qui initie un débat, et non d’un changement déjà acquis pour les achats des consommateurs.

Un logo déjà ancré dans la vie quotidienne

La relance de cette proposition s’explique également par le fait que le Nutri-Score n’est plus considéré comme un outil expérimental. Dans son évaluation de la campagne 2025, publiée le 19 mars 2026, Santé publique France a révélé que la notoriété du logo a atteint 99 % en 2025. L’agence a également noté que 62 % des ventes alimentaires incluaient déjà un Nutri-Score en 2024, ce qui témoigne de la visibilité croissante de ce dispositif dans l’offre alimentaire.

Ce sujet est d’autant plus concret que le système a récemment été mis à jour. Santé publique France a indiqué qu’en mars 2025, l’algorithme du Nutri-Score a été révisé pour mieux prendre en compte les évolutions du marché, les découvertes scientifiques et les recommandations nutritionnelles. Les entreprises ayant adhéré au système disposeront de deux ans pour appliquer ces nouveaux calculs sur leurs emballages. Cela signifie pour les consommateurs que les repères affichés dans les rayons continuent d’évoluer pour mieux distinguer les différents produits.

Un autre point important, en lien direct avec le budget des ménages, concerne une idée reçue persistante : celle selon laquelle un meilleur score nutritionnel impliquerait nécessairement un coût plus élevé. Une étude publiée le 19 mars 2026 par Santé publique France stipule qu’une meilleure qualité nutritionnelle ne doit pas forcément se traduire par des prix plus élevés pour le consommateur. Cette précision est essentielle dans le débat actuel, car l’affichage d’un repère de santé publique est souvent interprété comme incitant à privilégier les produits les plus onéreux. Les données fournies par l’agence atténuent considérablement cette crainte.

Cela explique aussi l’intérêt grandissant des autorités sanitaires. Dans son rapport annuel « Charges et Produits pour 2026 », l’assurance maladie insiste sur l’objectif de « Faire du Nutri-Score la pierre angulaire de la politique de prévention nutritionnelle ». Cette formulation témoigne d’une évolution notable : le Nutri-Score est désormais perçu non seulement comme un outil d’information, mais comme un levier majeur de prévention pour le bien-être public dans un cadre de santé plus global.

Entre santé publique et contraintes pour les marques

Du point de vue des entreprises, cette proposition ne se résume pas à un simple ajustement visuel. Elle modifierait significativement les règles de présentation de nombreux produits et de leurs campagnes publicitaires. Le texte prévoit aussi une amende de 2 % en cas de non-respect, calculée sur le chiffre d’affaires hors taxe réalisé en France pour l’affichage sur les emballages, ou sur les montants alloués à la publicité concernée. Ce mécanisme confère au texte une dimension coercitive dépassant largement la simple recommandation santé.

Cependant, des exceptions existent. Les produits bénéficiant d’une AOP, d’une AOC ou d’une IGP seraient exemptés de cette obligation. Cela pose encore une question cruciale pour le consommateur : si la loi va à son terme, le Nutri-Score pourrait devenir omniprésent, sans pour autant s’appliquer à toutes les catégories de produits sur le marché.

Essentiellement, cette proposition soulève une interrogation fondamentale : doit-on laisser le marché décider de l’information fournie, ou est-il essentiel de rendre cette information visible pour la santé publique ? Pour les consommateurs, le principal changement résiderait dans une uniformité accrue. Le même repère pourrait apparaître à la fois sur les emballages, dans les publicités, et lors des promotions, plutôt que d’être parfois présent et parfois absent. Le débat politique, en revanche, ne fait que commencer.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER