De nombreux couples se retrouvent dans une situation où la relation ne fonctionne plus depuis des mois, voire des années, mais restent ensemble. Les raisons de cette stagnation sont variées, et souvent liées à des attaches familiales et amicales, ainsi qu’à des projets communs qui freinent une éventuelle séparation, rapporte TopTribune.
Selon Noëline Toribio, psychothérapeute, « la personne qui souhaite quitter le couple ne pense pas à elle-même et à la dimension sentimentale, amoureuse, en raison des considérations affectives et matérielles ». Beaucoup ne réalisent même pas qu’elles désirent vraiment partir, souvent jusqu’à ce qu’elles se retrouvent en consultation pour des problèmes divers, tels que des difficultés intimes.
Pour d’autres, la peur de la rupture peut engendrer une tolérance à une situation insatisfaisante, jusqu’à ce qu’un événement déclencheur force la décision. « Cela peut être déclenché par un proche qui signale un risque émotionnel », précise Toribio. Ce processus de séparation est souvent complexifié par la nécessité de se repositionner personnellement, car le retour à soi est essentiel pour envisager un avenir en dehors de la relation.
Comment procéder pour que la rupture se passe au mieux ?
Le parcours vers une rupture apaisée commence par une introspection, seul ou accompagné d’un thérapeute. Toribio conseille d’adopter une approche pragmatique face à l’annonce de la séparation : « Il est préférable de lister les enjeux pour dédramatiser la situation, d’organiser ses pensées pour mieux visualiser l’avenir que l’on souhaite », explique-t-elle.
Prendre le temps d’évaluer les changements nécessaires est également crucial, ainsi que de mesurer le bon moment pour parler aux proches. « C’est crucial de réfléchir à ces questions avant d’en discuter avec son partenaire », ajoute-t-elle. Cette préparation aide à présenter les circonstances de manière plus sereine, bien que l’annonce puisse générer de fortes émotions.
Beaucoup de bienveillance
Noëline Toribio souligne qu’il est possible de se séparer de manière positive : « Avec bienveillance et préparation, une séparation peut être adoucie ». Elle insiste sur l’importance de reconnaître que la relation ne fonctionne plus en tant que couple et de planifier une nouvelle organisation, qu’il s’agisse d’une rupture totale ou d’une séparation partielle en cas d’enfants ou d’amis en commun.
Bien qu’une séparation soit souvent douloureuse, adopter une attitude pragmatique aide à gérer la souffrance, qui peut être marquée par la tristesse et le sentiment d’échec. « Remettre en perspective ces épreuves fait partie d’un processus de vie », conclut Toribio.
Sources : interview de Noéline Toribio, psychothérapeute de couple, 26 juin 2023