Les campagnes présidentielles de 2027 : un démarrage hésitant
Les comptes de campagne pour la présidentielle de 2027 ont été ouverts le 1er avril, marquant une étape cruciale pour tous les candidats. Les dépenses engagées depuis cette date, incluant déplacements, discours et tracts, doivent être soigneusement enregistrées, avec des limites fixées à 16,5 millions d’euros pour le premier tour et jusqu’à 22 millions pour les finalistes, rapporte TopTribune.
Actuellement, des incertitudes persistent concernant les candidatures. Un membre du Rassemblement National (RN) a déclaré : « On ne peut pas ouvrir de compte de campagne car on ne connaît pas le candidat ». Les interrogations se portent sur Marine Le Pen ou Jordan Bardella, dont l’inéligibilité de Le Pen sera décidée par les juges le 7 juillet prochain dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens. En attendant, le RN accumule des notes de dépenses pour les inclure dans son compte de campagne ultérieurement, prêt à saisir l’occasion du 1er mai, potentiellement un grand moment de campagne.
Du côté du Parti Socialiste (PS), la situation n’est pas plus claire. Aucune candidature n’a été clairement identifiée, d’autant plus que la participation aux primaires avec les écologistes et d’anciens députés Insoumis reste à déterminer. Un responsable socialiste a minimisé l’importance de cette incertitude : « Un an avant, on n’a jamais notre candidat ! »
Pour les candidats officiellement annoncés, la dynamique est plus fluide. Édouard Philippe, candidat déclaré avec son parti Horizons, peut comptabiliser toutes ses activités de campagne. Beaucoup, à droite et au centre, prônent la nécessité d’un candidat unique, tandis que Bruno Retailleau et Gabriel Attal avancent avec leurs propres campagnes.
Une question préoccupante se pose : que se passe-t-il si plusieurs candidats se retirent au profit d’un seul ? Si Édouard Philippe, actuellement en tête dans les sondages, est le seul à concourir, ses comptes de campagne ne seront pas affectés par les dépenses passées d’autres candidats, le plafond restant ainsi intact. Cependant, lorsqu’un candidat abandonne, son parti cherche à obtenir une compensation financière, car le retrait signifie qu’aucun remboursement public ne sera perçu. Cela a conduit, par exemple, l’UMP à verser un chèque de 800 000 euros à Christine Boutin en 2012 après sa décision de se retirer en faveur de Nicolas Sarkozy, de même que le Parti Socialiste a versé 200 000 euros aux écologistes lorsque Yannick Jadot a rejoint Benoît Hamon en 2017.
En conclusion, la gestion financière de ces campagnes requiert non seulement une planification précise, mais aussi une capacité à compenser d’éventuels alliés, comme l’admet un dirigeant d’Horizons : « Cela me paraît difficile de prendre en charge les dépenses des autres ». Un militant macroniste a également souligné que « En février, personne ne pourra absorber le passif des autres ».