De plus en plus d'élèves associent études secondaires et emploi.

De plus en plus d’élèves associent études secondaires et emploi.

30.03.2026 12:16
4 min de lecture

Selon une étude réalisée par le Céreq et publiée le 24 mars 2026, relayée par BFMTV, l’intersection entre l’éducation et l’emploi devient un phénomène quotidien pour une partie significative des adolescents. Ce phénomène ne se limite pas seulement à un désir d’argent de poche, mais pour de nombreuses familles, ces revenus constituent un soutien crucial, signalant ainsi des réalités encore mal appréhendées par le système éducatif, rapporte TopTribune.

Un quart des élèves déclarent exercer une activité rémunérée durant l’année scolaire

Ce sujet va bien au-delà des simples petits boulots de week-end et touche bien les réalités quotidiennes des foyers français. Sur plus de 6 000 répondants interrogés au printemps 2025, près d’un quart des élèves déclarent avoir une activité rémunérée pendant l’année scolaire, et pour les élèves en voie professionnelle, cette proportion atteint près d’un tiers. Les activités exercées varient grandement et incluent la restauration, la livraison, la revente en ligne, le baby-sitting, et d’autres emplois, qu’ils soient déclarés ou non. Le Céreq souligne que cette réalité adolescente relève d’une véritable « mosaïque sociale et économique ».

Pour certains adolescents, le passage au monde du travail débute avant même l’obtention du baccalauréat, modifiant ainsi les rythmes de vie et d’autonomie, tout en affectant parfois l’équilibre financier des foyers. Il est impératif de noter que cette question, bien que cruciale, reste largement inexplorée au sein des établissements scolaires, considérant que pour certains, il s’agit d’une réalité encore plus prévalente.

Le Céreq met également en avant que cette dynamique sociale est souvent négligée dans les politiques éducatives françaises. L’étude évoque un phénomène qui passe souvent inaperçu par les instances scolaires. Ainsi, les lycéens qui sont actifs sur le marché du travail ne sont que très rarement intégrés dans les études sur la réussite scolaire, le décrochage ou les inégalités éducatives.

Derrière le petit boulot, des situations familiales très différentes

Ce cliché du lycéen qui finance lui-même ses loisirs n’est pas représentatif de l’ensemble des situations. L’étude révèle des logiques sociales divergentes. Dans certaines circonstances, le travail est perçu comme un apprentissage de l’autonomie, presque comme un rite de passage à l’âge adulte, selon une proviseure mentionnée par le Céreq. Ce point de vue semble prévaloir dans des milieux plus aisés.

À l’opposé, la réalité est parfois bien plus dure. Nombre de témoignages indiquent que certains jeunes travaillent principalement pour soutenir leur famille. L’étude cite par exemple le récit d’une lycéenne d’une famille monoparentale, qui doit travailler « par nécessité », un constat validé par d’autres jeunes qui expriment leur besoin d’aide à leurs parents. Le salaire n’est donc pas un simple confort, mais devient essentiel pour le budget familial.

Ce sujet ne touche pas uniquement l’éducation ; il concerne également le pouvoir d’achat. Un adolescent s’engageant dans une activité rémunérée pendant ses soirées et week-ends peut révéler un souhait d’indépendance, mais cela met également en lumière les pressions économiques qui pèsent sur des familles qui jonglent déjà avec des priorités telles que le transport, la nourriture, ou même l’équipement numérique.

Une réalité que l’école voit souvent trop tard

Un autre enseignement clé de cette étude est que les établissements scolaires prennent généralement conscience de ces emplois une fois qu’ils commencent à engendrer des problèmes. Le Céreq rapporte que la communauté éducative ne s’intéresse à ce phénomène qu’au moment où des signes de fatigue, des retards, ou une baisse des résultats scolaires commencent à apparaître. Une proviseure cité témoigne des difficultés des élèves qui « travaillent tard le soir ».

Ainsi, le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans l’existence de ces emplois, mais aussi dans leur invisibilité. Les professionnels impliqués confirment souvent que l’ampleur de ce phénomène est largement sous-estimée. Le communiqué du Céreq précise que le travail des lycéens est « presque absent des préoccupations de la communauté enseignante », tandis que les élèves eux-mêmes tendent à minimiser le lien entre leur travail et l’école.

Cette invisibilité complique l’identification des situations où l’emploi reste un complément d’argent de poche, sans conséquence sur les études, et celles où il devient une source de fragilisation. Cette étude ne prétend pas qu’un emploi équivaut nécessairement à un échec scolaire, mais elle montre que les conséquences varient considérablement en fonction du volume horaire, des conditions de travail, et du contexte social des élèves.

Ce que cette étude dit déjà de la jeunesse française

En fin de compte, l’enquête du Céreq met en lumière une jeunesse qui se trouve plus tôt que prévu confrontée aux exigences du marché du travail. Certains adolescentes en tirent des bénéfices en termes d’expérience et de confiance, alors que d’autres subissent une pression qui engendre fatigue et confusion entre le temps scolaire et celui de la nécessité. Le phénomène est particulièrement marqué dans les lycées professionnels, ce qui souligne que les inégalités de parcours se manifestent également dans la manière dont les jeunes appréhendent leur temps libre.

Il est crucial que cette étude permette de décoller le sujet des stéréotypes liés aux petits boulots. En France, le profil du lycéen salarié n’est pas encore intégré comme un sujet de politique publique. Étant donné qu’un quart des élèves est touché, il devient essentiel d’aborder cette question, qui impacte la réussite éducative, la protection des mineurs, ainsi que la précarité économique des familles et les modalités d’entrée des jeunes dans le monde du travail.

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