Le 18 janvier 2022, une situation d’urgence a été signalée dans un foyer d’accueil médicalisé en Normandie, où des adultes atteints de troubles du spectre autistique ont présenté des symptômes oculaires et cutanés inexpliqués, entraînant l’évacuation du bâtiment, rapporte TopTribune.
Cette alerte a été transmise par l’Agence régionale de santé (ARS) Normandie à Santé publique France, après que plusieurs résidents et membres du personnel aient été affectés, suscitant des interventions des pompiers, de la Structure mobile d’urgence et de réanimation (Smur) et de la police.
Au total, trois épisodes ont eu lieu entre le 14 et le 19 janvier, conduisant à une évacuation partielle puis complète du foyer le 19 janvier. Une enquête a été ouverte et les résultats sont relatés dans une étude récente de Santé publique France.
L’enquête a comporté des volets épidémiologique, clinique et environnemental, portant sur 27 personnes interrogées, où 17 ont présenté des signes cliniques, parmi lesquels 9 étaient des professionnels et 8 des résidents.
Déroulement des événements
Les premiers symptômes ont été signalés le 13 janvier avec un cas d’érythème cervical chez un résident. Le 14 janvier, plusieurs résidents dans l’unité 1 ont développé des yeux rouges, larmoyants, et des éruptions cutanées. Les secours ont été appelés et un diagnostic de conjonctivite allergique a été posé. Face à l’aggravation, deux résidents ont été transportés aux urgences, entraînant l’évacuation temporaire de l’unité pour aération.
Après la réouverture de l’unité le 17 janvier, des symptômes oculaires sont réapparus. Un nouveau diagnostic a conduit à une deuxième évacuation, sans découverte de toxiques ou polluants. Cependant, après réintégration, six professionnels ont développé des symptômes similaires, nécessitant une nouvelle évacuation. Le 19 janvier, des cas sont apparus dans une autre unité, menant à l’évacuation complète vers un autre site d’accueil.
Symptomatologie et inquiétude ambiante
L’enquête, effectuée entre le 21 janvier et le 21 février, a démontré que les résidents avaient des manifestations oculaires détectables, tandis que les professionnels décrivaient des symptômes fonctionnels. La qualité de l’air et de l’eau était conforme aux normes établies, sans anomalies détectées. Les symptômes des résidents ont disparu en quelques jours, alors que ceux des professionnels ont diminué peu après leur évacuation du bâtiment.
Selon Santé publique France, les données cliniques indiquent une probable origine infectieuse pour les résidents, tandis que les symptômes des professionnels pourraient représenter un syndrome collectif induit par l’anxiété. Cet événement initial d’éruption cutanée a contribué à l’inquiétude générale, soulignant le rôle d’un déclencheur souvent central dans le développement de tels syndromes. La fluctuation des symptômes entre le vendredi et le lundi a également compliqué la situation.
Les conclusions de l’analyse mettent en lumière un syndrome collectif habituel, déclenché par la conjonctivite infectieuse chez les résidents et amplifié par l’anxiété ambiante. Les manifestations physiques des inquiétudes ont principalement touché le personnel, illustrant la complexité de la situation.
Enfin, Santé publique France souligne que cet incident rappelle que des phénomènes psychosomatiques peuvent survenir dans des contextes d’anxiété élevée face à des menaces sanitaires mal identifiées. L’étude prône une approche multidisciplinaire, combinant différentes expertises pour comprendre et résoudre les syndromes collectifs inexpliqués.