Indemnités des élus à la Mairie de Paris : des accusations de gonflement avec les jetons de présence

Indemnités des élus à la Mairie de Paris : des accusations de gonflement avec les jetons de présence

11.03.2026 10:56
2 min de lecture

Un sujet controversé refait surface à l’approche des élections municipales à Paris, prévues dimanche. Le système des jetons de présence, permettant aux élus du Conseil de Paris de compléter leurs indemnités par des rémunérations supplémentaires, suscite des accusations de détournement. Des publications sur X pointent du doigt certains élus PS, PCF et Ecologistes qui auraient perçu des montants substantiels malgré un plafonnement en vigueur depuis 2020, rapportent TopTribune.

Une capture d’écran d’une page du site Open Conseil de Paris, lancée par Paul Hatte, élu Horizons-Renaissance, montre les indemnités et les gains supposés des jetons de présence des élus. Cependant, l’exactitude de ces données soulève des doutes. Selon le service communication de la Direction de la démocratie, des citoyens et des territoires de la Ville de Paris, le rapport annuel sur les indemnités précise les montants perçus par chaque élu. Les rémunérations varient selon les fonctions, allant de 4 500 euros brut pour un conseiller à près de 9 800 euros brut pour la Maire de Paris.

FAKE OFF

Le document de la DDTC, bien que difficilement accessible en ligne, affiche clairement les montants des indemnités auxquelles les conseillers peuvent prétendre. Les jetons de présence, versés aux élus participant aux conseils d’administration de sociétés publiques, varient, mais, selon les documents de 2021, 2022 et 2025, Paul Hatte estime que les plafonnements fixés en 2020 n’ont pas été respectés. Les indemnités pour les administrateurs ne devraient pas dépasser 2 287 euros, mais les rémunérations des présidents sont exprimées en brut, ce qui prête à confusion, les autorités soutenant qu’elles respectent les plafonnements.

Des indemnités gonflées par les cumuls

Des exemples comme celui de Nicolas Bonnet-Oulaldj, qui a cumulé plusieurs présidences, soulignent la difficulté de maîtriser ces rémunérations. Paul Hatte s’insurge contre l’absence de clarté des justificatifs concernant ces gains, affirmant que cela crée une perception erronée de la transparence. Il est essentiel de noter que certains élus, comme Frédéric Badina d’EELV, plaident pour une révision complète du système pour limiter les abus tout en reconnaissant que le plafonnement de 2020 a eu un impact positif.

Compenser des revenus salariés réduits

Badina a renoncé aux jetons de présence, précisant que cela a été un choix personnel pour mieux consacrer du temps à son mandat. Il souligne que ces compensations sont parfois nécessaires pour équilibrer la perte de revenus provenant d’activités professionnelles. De son côté, David Belliard, adjoint écologiste à la Mairie, a choisi de reverser ses rémunérations à son groupe politique, mais déplore que le système des jetons reflète un besoin de réforme plus large concernant le statut des élus.

« C’est le statut des élus qu’il faudrait revoir »

Belliard prône une réévaluation du statut des élus, soutenant que beaucoup d’entre eux sont contraints de rester en fonction en raison de l’absence d’assurances chômage. Les candidats à la Mairie ont clairement exprimé leurs positions, certains plaçant la suppression du système des jetons au cœur de leur campagne. Contactée à plusieurs reprises, Sandrine Charnoz, adjointe à la Maire responsable de ces mesures, ainsi qu’Anne Hidalgo, n’ont pas répondu aux sollicitations. Le débat se poursuit, révélant des enjeux de transparence et des désaccords fondamentaux au sein de la politique parisienne.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER