Une nouvelle controverse a éclaté autour de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, suite à ses propos lors d’un meeting de soutien à la candidate Anaïs Belouassa-Cherifi pour les municipales de Lyon. Ses remarques sur la prononciation du nom du criminel sexuel Jeffrey Epstein ont provoqué des réactions indignées parmi de nombreux responsables politiques, y compris le président de la République et le ministre de l’Intérieur, rapporte TopTribune.
Au cours de cet événement, Mélenchon a mêlé critiques contre les médias et défense du groupe antifasciste La Jeune Garde, avant de faire une plaisanterie sur Epstein en disant : « Je voulais dire « Epstine » pardon, ça fait plus russe « Epstine » ». Sa remarque a été accueillie par des rires de la part de l’audience, mais a rapidement suscité une onde de choc au sein du paysage politique français.
Un débat autour de la prononciation « d’Epstein »
Cette ironie n’est pas une première pour Mélenchon, qui a déjà auparavant abordé le sujet de la prononciation du nom d’Epstein. Cependant, ses critiques ont été immédiates et virulentes cette fois. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a déclaré sur X qu’« un élève de 5e sait qu’en anglais, « Epstein » se prononce « Epstine » ». Il a ajouté que l’interprétation de cette prononciation comme une manipulation relève d’un « délire complotiste aux vrais relents antisémites ». Gabriel Attal, ancien ministre, a également qualifié les propos de Mélenchon de « monstrueux ».
Emmanuel Macron a réagi en partageant un discours antérieur où il mettait en lumière « l’antisémitisme d’extrême gauche ». Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a qualifié le meeting de Mélenchon de « brutal et aux relents ouvertement antisémites ». Des anciens alliés de gauche, comme Olivier Faure du PS, ont aussi exprimé leur déception face à ces déclarations, soulignant que « être antifasciste, c’est lutter contre le fascisme, pas en réutiliser les ressorts ». Marine Tondelier, cheffe des Ecologistes, a exclamé : « Rien ne va dans ces propos ! »
Contre-attaque
Face à cette avalanche de critiques, Mélenchon a nié toute accusation d’antisémitisme, qualifiant les réactions de ses adversaires de « consternantes ». Il a assuré que ses mots visaient à soulever des interrogations sur les discours entourant le nom d’Epstein. Pour lui, « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet », précisant qu’il cherchait à tenir la religion éloignée de la politique.
Son proche collaborateur Manuel Bompard a défendu Mélenchon, dénonçant ce qu’il appelle une « cabale » contre la France insoumise, et affirmant que le mouvement a été l’un des premiers à dénoncer les instrumentalisations antisémites liées à l’affaire Epstein.