Gulf de Gascogne : la longévité des dauphins femelles en forte baisse, leur survie menacée

Gulf de Gascogne : la longévité des dauphins femelles en forte baisse, leur survie menacée

24.02.2026 20:26
2 min de lecture

La survie des dauphins du golfe de Gascogne en péril

La situation des dauphins dans le golfe de Gascogne est alarmante, avec une chute préoccupante de la longévité des femelles de sept ans entre 1997 et 2019, selon une étude publiée par des scientifiques ce mardi. Cette dégradation de la santé des dauphins est attribuée aux activités humaines en mer, menaçant directement la survie de cette espèce protégée, rapporte TopTribune.

Chaque hiver, un nombre tragique de « centaines, voire plus d’un millier de dauphins morts » s’échoue sur les plages françaises. Ce constat a été établi par l’université de La Rochelle et le CNRS, via l’observatoire Pelagis, qui a réalisé une étude dont les résultats ont été publiés en octobre 2025 dans la revue Conservation Letters. Ce phénomène, observé depuis les années 1990, a connu une explosion inquiétante depuis 2016, principalement entre le Finistère et le Pays basque, attribuée en grande partie aux captures accidentelles de dauphins par les pratiques de pêche, selon Pelagis, coordonnateur du Réseau national d’échouages.

Une interdiction nécessaire pour protéger l’espèce

L’étude, basée sur un échantillon de 759 dauphins, a établi que « la longévité moyenne des dauphins femelles dans le golfe de Gascogne est passée de 24 ans à 17 ans en seulement deux décennies ». Cette diminution est alarmante car les femelles, capables de se reproduire à partir de 7 ans, donnent naissance « à un seul petit tous les deux à trois ans », ce qui met en péril la pérennité de l’espèce, indique l’équipe de chercheurs.

Face à cette situation critique, le gouvernement français, sous pression de la Commission européenne et du Conseil d’Etat, a pris des mesures en interdisant la pêche pendant quatre semaines en hiver pour 2024, 2025 et 2026. Cette décision vise à protéger les dauphins et a permis de réduire les captures accidentelles de 60 % lors de l’hiver 2024/2025, selon Pelagis, avec 1.900 dauphins communs morts, comparativement à une moyenne de 4.700 entre 2017 et 2023. Cependant, le ministère de la Mer n’a pas encore communiqué sur une éventuelle nouvelle fermeture l’année prochaine, en précisant que cette mesure ne constitue pas une solution durable.

Les experts constatent que bien que l’interdiction de la pêche soit efficace à court terme, ses implications économiques et sociales sont lourdes. Le mois dernier, les membres du projet Delmoges, consacré aux captures accidentelles de dauphins et dirigé par l’Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, ont affirmé qu’il était nécessaire d’“évaluer des options alternatives” pour une protection équitable de l’espèce et des intérêts des pêcheurs.

Le débat sur les pratiques halieutiques et leur impact sur la biodiversité marine est plus que jamais d’actualité. De nombreuses ONG et défenseurs de l’environnement militent pour une prise de conscience collective sur la nécessité de changer les méthodes de pêche pour préserver la vie marine. Les efforts de sauvegarde des dauphins, qui incluent une meilleure surveillance des captures accidentelles, doivent être amplifiés pour garantir la survie de cette espèce emblématique du golfe de Gascogne.

En conclusion, la situation des dauphins dans le golfe de Gascogne appelle à une action immédiate et soutenue. La combinaison d’une législation stricte, de la sensibilisation des pêcheurs et d’un engagement communautaire est essentielle pour assurer un avenir viable à cette espèce menacée. Le défi est de taille, mais les statistiques soulignent l’urgence d’agir afin de préserver la santé des écosystèmes marins pour les générations futures.

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