Les frais liés à la tenue de compte sont devenus une réalité incontournable pour de nombreux clients des banques. En effet, les établissements bancaires traditionnels appliquent des frais annuels d’environ 20 €, suscitant des interrogations quant à la légitimité de ces charges. Il y a 15 ans, ces frais n’étaient pas en vigueur, un changement qui est difficile à accepter pour de nombreux utilisateurs. L’augmentation régulière de ces frais contribue au mécontentement généralisé, rapporte TopTribune.
Origine des frais de tenue de compte
Avant les années 2000, les brochures tarifaires des banques ne faisaient pas état de frais de gestion pour les comptes courants actifs, et leur tenue était alors gratuite. Cependant, dès le début des années 2010, ces frais ont commencé à apparaître sur les relevés. Les banques ont justifié cette nouvelle tarification par des marges réduites, dues à des taux d’intérêt plus bas. Même avec la remontée des taux en 2022, ces frais n’ont pas disparu. Par exemple, La Banque Postale a vu ses frais grimper de 13,20 € en 2020 à 25,20 € en 2026, représentant une augmentation de 90 %, selon des informations relayées par RMC.
Analyse de l’étude Panorabanques
Une étude de comparaison réalisée par Panorabanques, portant sur les brochures tarifaires de 99 banques françaises, indique une augmentation des frais de tenue de compte de 5,9 % en 2026. Le montant moyen est ainsi passé de 22,10 € à 23,40 €. Certaines banques, telles que Crédit Mutuel de Bretagne avec 35,88 € et BNP Paribas avec 31,20 €, appliquent systématiquement ces frais. En revanche, plusieurs banques en ligne telles que Boursobank, Fortuneo, et Hello bank, ne les imposent pas, tout comme certaines banques traditionnelles comme le Crédit coopératif et le Crédit Agricole Normandie Seine.
Cas spécifiques et stratégies commerciales
Le cas de LCL démontre qu’il est possible d’éviter ces frais en domiciliant ses revenus sur le compte. À défaut, la banque applique des frais de 40 € pour les clients qui ne respectent pas cette condition. Anna Meylacq, représentante de Panorabanques, souligne que justifier ces frais par une gestion administrative et technique est problématique à une époque où la digitalisation s’intensifie. Elle remarque que « cela peut sembler incohérent », car l’utilisation des services clients est « de moins en moins nécessaire ».