Les peptides : entre promesses et réalités
Les peptides, composés de chaînes courtes d’acides aminés, jouent un rôle crucial dans la régulation des fonctions biologiques de notre corps en tant que messagers, transmettant des signaux cellulaires. Bien que notre organisme les produise naturellement, leur synthèse en laboratoire est courante dans le domaine médical, où ils sont utilisés depuis plus d’un siècle, telle que l’insuline pour le diabète. Plus récemment, l’Ozempic, un médicament très en vogue, contient un peptide synthétique imitant le GLP-1, une hormone essentielle pour la régulation de la glycémie et la réduction de l’appétit, rapporte TopTribune.
Des résultats anti-âge modestes
Les chercheurs restent prudents face aux allégations liées aux peptides « anti-âge ». Bien que certaines études mentionnent que des crèmes à base de peptides, telles que le palmitoyl pentapeptide (commercialement connu sous le nom de Matrixyl), pourraient légèrement diminuer l’apparence des rides, ces travaux se basent souvent sur des échantillons très restreints et des périodes d’étude courtes, ne dépassant pas trois mois.
Aucune preuve solide n’indique donc un impact durable sur le vieillissement cutané.
Bronzage artificiel : la mise en garde s’impose
Le Melanotan II, désigné sous le nom de « Barbie », est commercialisé comme une solution pour bronzer sans exposition au soleil. Toutefois, l’American Cancer Society et plusieurs institutions sanitaires mettent sérieusement en garde contre son utilisation. Parmi les effets secondaires notables figurent l’apparition de nouveaux grains de beauté, des maux de tête, des vomissements, des réactions allergiques et de l’hypertension, avec des cas de mélanomes répertoriés peu après son usage.
Des peptides de croissance : pas de miracle sportif
Les peptides de croissance comme le CJC-1295, l’Ipamorelin ou le GHRP-6 sont souvent présentés comme des boosters pour la masse musculaire. Cependant, leur efficacité n’est démontrée que chez les individus souffrant d’une carence avérée en hormone de croissance, nécessitant un suivi médical strict. Les études sur des adultes en bonne santé restent rares et peu concluantes.
L’Endocrine Society, leader mondial en endocrinologie, avertit des dangers liés à l’injection de ces substances sans supervision médicale. Ces peptides peuvent perturber l’équilibre hormonal, entraînant une augmentation de la glycémie, des douleurs articulaires chroniques et une rétention d’eau problématique.
« Plus préoccupant encore, une exposition prolongée pourrait générer des changements durables dans la structure des os, des organes ou des muscles, semblables aux signes de l’acromégalie, une maladie rare causée par une production excessive d’hormone de croissance », prévient l’Inserm. De plus, « en stimulant la croissance cellulaire, ces peptides pourraient augmenter le risque de progression de certains cancers, y compris ceux de la prostate, du côlon ou du sein ».
Attention aux usages expérimentaux
Certains individus utilisent des peptides pour des buts expérimentaux, espérant améliorer les performances sportives, la mémoire, la libido ou même l’espérance de vie, en se basant sur des études réalisées sur des cellules en laboratoire ou sur des animaux. Cependant, ces substances n’ont jamais été rigoureusement testées sur des humains. Leur dosage et leur pureté ne sont pas garantis, exposant les usagers à des risques de contamination et d’autres dangers sévères pour la santé.
En conclusion, « les peptides ne constituent ni un remède miracle pour tous les maux, ni un élixir de jouvence », conclut l’Inserm. « Dans la majorité des cas, des thérapies plus sûres et éprouvées existent, comme la crème solaire, qui demeure le meilleur moyen de prévention contre le vieillissement prématuré et le risque de cancer ».