Une relance massive du nucléaire en France avec la nouvelle PPE
Le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), feuille de route de la stratégie énergétique de la France jusqu’à 2035, a été publié vendredi 13 février au Journal officiel. Ce texte, dont les grandes lignes ont été présentées jeudi par le gouvernement, « définit les priorités d’action des pouvoirs publics pour la gestion des formes d’énergie sur le territoire hexagonal continental sur la période 2026-2035 », rapporte TopTribune.
Dans cette PPE, qui répond aux enjeux de souveraineté énergétique et de décarbonation, le gouvernement met l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, tout en actant une réduction du déploiement de l’éolien terrestre et du solaire.
Le décret stipule ainsi que « les capacités à attribuer ou à contractualiser pour les installations de production d’électricité renouvelable après le 31 décembre 2028 seront, le cas échéant, ajustées en tenant compte notamment de l’évolution de la consommation d’électricité, du développement des moyens de production d’électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées. »
La PPE précise également qu' »une révision simplifiée de la programmation pluriannuelle de l’énergie pourra être lancée à cette fin en 2027″. Par ailleurs, « pour l’éolien terrestre, le renouvellement des parcs existants sera privilégié. » Le décret ajoute que « le gouvernement publiera d’ici la fin de l’année 2026 un rapport sur l’évolution de la consommation d’électricité, du développement des moyens de production d’électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées. »
Cette troisième PPE acte une relance massive du nucléaire, énergie décarbonée mais complexe à mettre en œuvre – en rupture avec la précédente, qui prévoyait de fermer 14 réacteurs nucléaires – avec « une optimisation » du parc existant et la construction de six nouveaux réacteurs, et huit en option. La production nucléaire, déjà majoritaire en France, devrait atteindre 380 à 420 terawattheures (TWh) en 2030, contre 320 en 2023.