La justice a finalement tranché en faveur de la gérante de la SARL Réception Val de Loire, qui avait été victime d’une escroquerie bancaire méticuleusement orchestrée. Après un parcours judiciaire de six ans, la cour d’appel d’Angers a décidé que le Crédit Agricole devait rembourser plus de 11 000 euros à sa cliente. Cette affaire souligne les vulnérabilités du système de sécurité bancaire, auxquelles sont confrontées tant les particuliers que les entreprises face à des fraudes de plus en plus élaborées, rapporte TopTribune.
Déroulement de l’escroquerie
Le 4 janvier 2019, la gérante reçoit un appel d’un numéro se présentant comme celui de son agence du Crédit Agricole dans le Maine-et-Loire. L’individu, prétendant être un conseiller, sollicite l’activation du SécuriPass, un service de sécurité authentique, dans le cadre d’une escroquerie téléphonique.
Peu après, la victime reçoit un SMS frauduleux avec un code confidentiel, suivi d’un courriel soigneusement élaboré affichant l’adresse officielle du Crédit Agricole, son logo et même la signature de sa conseillère habituelle. Bien que le SMS comprenait en lettres capitales le message « NE JAMAIS LE COMMUNIQUER », la mise en scène convaincante pousse la gérante à ignorer cet avertissement.
Les escrocs en profitent pour établir de nouveaux bénéficiaires, ce qui entraîne six virements frauduleux totalisant 21 885 euros. Sur ce montant, 12 892 euros sont bloqués par la banque, mais les 11 593 euros restants sont perdus jusqu’au jugement de la cour d’appel.
Le parcours judiciaire tumultueux
En juillet 2021, le tribunal de commerce du Mans rend une décision en faveur de la banque, estimant que la cliente avait fait preuve d’une « négligence grave ». Cela entraîne pour la gérante une imposition de 500 euros de frais judiciaires.
Toutefois, comme le rapporte Clubic, la cour d’appel d’Angers annule ce jugement, considérant que la fraude était une « escroquerie millimétrée » qui ne permettait pas à la victime de réaliser immédiatement la tromperie. Le jugement rendu le 27 janvier 2026 impose au Crédit Agricole le remboursement des sommes volées ainsi que le versement de 3 500 euros pour couvrir les frais judiciaires de la plaignante.