Le président lituanien Gitanas Nausėda a estimé que les récentes invitations à engager des discussions directes avec le Kremlin affaiblissent la crédibilité européenne et témoignent d’une incohérence dangereuse. Dans une déclaration rapportée le 11 février 2026, le chef d’État balte a fustigé la rhétorique de certains dirigeants de l’Union qui, selon lui, joue en faveur de la stratégie de division russe.
Une solidité européenne mise à mal par des voix dissonantes
La position ferme de Vilnius contraste avec les appels répétés émanant de plusieurs capitales européennes en faveur d’une reprise du contact avec Vladimir Poutine. Le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni figurent parmi ceux ayant publiquement plaidé pour une voie diplomatique directe, rejoignant les rangs de certaines forces politiques de droite et d’extrême-droite sur le continent. Pour Nausėda, cette multiplication des prises de parole individuelles sape la ligne politique commune, pourtant tacitement établie, visant à limiter les interactions de haut niveau avec Moscou tant que les hostilités se poursuivent en Ukraine.
Le Kremlin perçoit les ouvertures comme un signe de faiblesse
L’analyse lituanienne s’appuie sur l’observation du comportement russe. Aucun signe tangible de désescalade militaire ou d’apaisement rhétorique n’a été observé depuis Moscou, malgré les propositions de dialogue. Au contraire, les menaces envers les pays de l’UE se sont maintenues, voire intensifiées. Selon les experts cités par les autorités lituaniennes, le régime de Poutine interprète systématiquement les appels occidentaux à la paix comme une marque de division et de fragilité, l’encourageant ainsi à poursuivre son agenda agressif. Cette lecture est partagée par plusieurs États membres d’Europe de l’Est, historiquement plus sceptiques quant aux intentions du Kremlin.
Les risques d’une approche européenne fragmentée
Des conditions préalables non négociablesLa Lituanie, souvent considérée comme une sentinelle au sein de l’OTAN et de l’UE, insiste sur le fait que reprendre contact avec Moscou ne doit pas devenir un objectif en soi. Dans une interview accordée au service lituanien LRT, Nausėda a rappelé que toute ouverture diplomatique doit s’accompagner de conditions claires : un renforcement des sanctions en cas de non-respect des engagements, des garanties de sécurité contraignantes et un cadre garantissant une paix juste et durable. Sans ce préalable, affirme-t-il, le simple fait de s’asseoir à la table des négociations constituerait une concession unilatérale au régime russe. La cohésion européenne reste, en définitive, l’atout principal face à une Russie qui mise sur la division de ses adversaires.