Calculs rénaux : quelles recommandations alimentaires pour prévenir leur formation en France ?

Calculs rénaux : quelles recommandations alimentaires pour prévenir leur formation en France ?

10.02.2026 12:07
2 min de lecture

La lithiase rénale : une réalité préoccupante en France

La lithiase rénale touche entre 8 et 10 % de la population française, avec une prédominance masculine de deux hommes pour une femme, rapporte TopTribune. Cette affection représente près de 90 % des cas de coliques néphrétiques aiguës, soit environ 150 000 épisodes par an. L’âge moyen de survenue du premier calcul est d’environ 40 ans chez les femmes et 35 ans chez les hommes.

Les calculs d’oxalate de calcium désormais majoritaires

Le principal constituant des calculs rénaux chez l’adulte a évolué, l’oxalate de calcium représentant désormais près de 72 % des cas. « Dans la majorité des situations, ces calculs résultent d’une alimentation excessive, déséquilibrée, ainsi que d’une diurèse insuffisante », a expliqué la Dre Mariela Corrales du service d’urologie au CHU Gabriel-Montpied lors du congrès français d’urologie en novembre 2025. Elle a effectué une revue de la littérature scientifique avec le Dr Frédéric Panthier du Groupe de recherche clinique sur la lithiase urinaire. Une évaluation diététique est donc cruciale pour identifier les habitudes alimentaires predisposant à la formation de calculs urinaires.

Quelle quantité de boissons ?

Il est impératif de boire suffisamment pour diluer les urines, diminuant ainsi le risque de formation ou de récidive des calculs rénaux. « Un faible volume d’urine dû à une consommation insuffisante de liquide ou à une perte excessive de liquide est l’un des facteurs de risque les plus importants pour la formation de calculs rénaux », a précisé la Dre Corrales. L’objectif est d’obtenir un volume urinaire d’environ 2 litres par jour.

De nombreuses conditions physiologiques, telles que la transpiration excessive, une activité physique intense ou une diarrhée chronique, peuvent entraîner des besoins hydriques accrus.

Les recommandations européennes de l’EAU 2025 préconisent un apport hydrique suffisant pour maintenir un volume d’urines d’au moins 2 à 2,5 litres par jour, en climat tempéré. Pour les patients présentant des calculs de cystine, un volume d’au moins 3 litres est recommandé pour diminuer la concentration urinaire de cystine.

Tous les liquides sont autorisés

En France, l’eau du robinet est à privilégier, bien que l’eau minérale, riche en bicarbonate, calcium et magnésium, puisse également être bénéfique. La consommation d’eau minérale riche en bicarbonate contribue à l’alcalinisation des urines et à une augmentation de l’excrétion urinaire de citrate et de magnésium. Cependant, des concentrations élevées de calcium dans l’eau minérale peuvent favoriser la formation de calculs d’oxalate de calcium.

Un apport alimentaire équilibré prévient la formation de calculs urinaires

– Le citrate, présent dans les jus d’agrumes tels que le citron et l’orange, aide à prévenir la formation des cristaux. Pour les personnes à risque, il est conseillé de privilégier le fruit entier plutôt que le jus et de limiter sa consommation à une seule portion par jour.

– Un apport adéquat en calcium, provenant de diverses eaux et produits laitiers, est recommandé avec 3 à 4 portions par jour.

– La réduction de l’apport en sel est essentielle, car un excès de sodium augmente le risque de formation de calculs par l’excrétion urinaire de calcium. Il est conseillé de limiter la consommation de produits trop salés.

– Un apport élevé en protéines constitue également un risque accru pour la formation de calculs rénaux. La charge acide essentielle aux apports protéiques doit être strictement surveillée.

– L’oxalate urinaire, un facteur principal dans la formation de calculs, provient à la fois de l’alimentation et de la production hépatique. Ainsi, les aliments riches en oxalate, comme les fruits secs et le chocolat noir, doivent être consommés avec modération.

– Enfin, il est à noter que des apports trop élevés en vitamine C et en acide urique peuvent également favoriser l’augmentation des risques de formation de calculs.

Ces recommandations, présentées lors du congrès et basées sur les lignes directrices de l’EAU, soulignent l’importance d’une approche multidisciplinaire face à la lithiase rénale en France.

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