Depuis 2020, Pierre Moscovici s’apprête à céder la présidence de la Cour des comptes à Amélie de Montchalin, actuelle ministre de l’Action et des Comptes publics, qui deviendra la première femme à occuper ce poste. Son nomination par Emmanuel Macron est attendue mercredi lors du Conseil des ministres, rapporte TopTribune.
Née à Lyon le 19 juin 1985, Amélie de Montchalin est économiste de formation, diplômée de l’université Paris-Dauphine, avec un parcours académique prestigieux comprenant des études à HEC et Harvard, ainsi qu’un diplôme en histoire de l’université Paris IV-Sorbonne. Elle a travaillé dans le secteur bancaire chez BNP Paribas et dans l’assurance chez Axa.
Son parcours ministériel
Représentante de la génération Macron, Amélie de Montchalin a été nommée ministre des Comptes publics en décembre 2024. À seulement quarante ans, elle a déjà occupé quatre ministères : Affaires européennes, Fonction publique, Transition écologique et Comptes publics. Sa carrière politique, commencée en 2017 en tant que députée de l’Essonne, témoigne de la rapidité d’ascension des jeunes talents promus par Emmanuel Macron.
Après une brève interruption lors du premier gouvernement d’Élisabeth Borne, où elle a quitté le ministère de la Transition écologique après seulement 45 jours, elle a été désignée représentante permanente de la France auprès de l’OCDE. En décembre 2024, elle a été réintégrée au gouvernement par le Premier ministre de l’époque, François Bayrou.
Rôle à Bercy
À Bercy, Amélie de Montchalin a été décrite comme « techno pur jus, soldat en mission » par la sénatrice communiste Éliane Assassi, et reconnue pour son implication sérieuse et directe. Elle a collaboré avec le ministre de l’Économie, Éric Lombard, et avec Roland Lescure sous la direction de Sébastien Lecornu.
Durant plusieurs mois, elle a manœuvré autour de textes financiers cruciaux, incluant le projet de loi de Financement de la Sécurité sociale, le projet de loi de Finances et le projet de loi de Finances de fin de gestion. Sa présence médiatique constante et sa défense des positions du gouvernement, même les week-ends, ont été notables, faisant preuve d’une détermination exemplaire.
Perception par les opposants politiques
Ses opposants politiques la qualifient d’« incarnation de l’orthodoxie budgétaire ». Jérôme Guedj souligne qu’elle semble toujours confiante dans ses décisions, tandis qu’Éric Coquerel, président de la commission des Finances, bien que désaccord avec sa politique, admet ses compétences techniques et son audace.
Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, a reconnu, après une rencontre avec elle, qu’il l’avait trouvée « intéressante », louant son approche analytique et diligentielles dans l’examen des dépenses. Son entourage affirme qu’elle n’édulcore pas ses propos, appréciant sa constance dans le discours.
Il sera intéressant de voir comment Amélie de Montchalin abordera la gestion des comptes publics à la tête de la Cour des comptes dans les mois à venir.