Les déchets débordent à Marseille : une question électorale cruciale
À Marseille, la gestion des déchets devient un enjeu central à l’approche de l’élection municipale. Alors que la ville est souvent décrite comme « consciencieusement abandonnée » ou « méticuleusement salie », un récent sondage Ifop révèle que 46 % des Marseillais considèrent la propreté comme un thème « déterminant » pour leur vote, juste derrière la lutte contre le narcotrafic et la sécurité. L’inadéquation persistante des services de nettoyage dans cette métropole suscite des tensions croissantes entre la mairie de gauche et la métropole dirigée par Martine Vassal, candidate de droite, qui se renvoient mutuellement la responsabilité de l’insalubrité, rapporte TopTribune.
La propreté de la ville est devenue un serpent de mer, exacerbé par la récente loi de simplification 3DS de février 2022 qui pourrait permettre à la mairie de reprendre la compétence des déchets, pourtant délaissée jusqu’à présent. La municipalité n’a pas souhaité l’assumer, laissant le champ libre à la métropole, ce qui alimente les tensions politiques.
Payan en offensive pour un meilleur nettoyage
Mercredi, le Printemps marseillais, le mouvement politique auquel appartient le maire Benoît Payan, a proposé un plan ambitieux pour améliorer la propreté dans la cité phocéenne. Les mesures incluent l’augmentation du nombre d’agents de collecte et de conteneurs, le doublement des tournées de ramassage, l’ouverture de nouveaux centres de tri, ainsi que l’implantation de poubelles sur les plages. Payan a exposé un programme conditionné à une nouvelle méthode, visant à « reprendre la main » sur le nettoyage tout en maintenant la compétence à la métropole. « Avec la loi PLM, Marseille va peser plus lourd au conseil métropolitain », a-t-il déclaré, promettant une gouvernance renforcée de la propreté.
Critiques du camp Vassal
En revanche, le camp de Martine Vassal fustige le « cynisme » et l’inaction du maire sortant. Romain Simmarano, porte-parole de Vassal, a dénoncé ce qu’il qualifie de « permis de salir » instauré par Payan, affirmant que celui-ci utilise l’état des rues comme un « argument électoral ». Il a critiqué le manque d’initiative du maire pour améliorer la situation durant ses six ans de mandat, en faisant remarquer que les sites publics tels que les parcs et les plages n’ont jamais été aussi négligés.
Des solutions pour l’avenir
Simmarano a également remis en question les promesses de recrutement d’agents dédiés à la collecte des déchets, soulignant qu’elles ne sont qu’un réveil électoral après plusieurs années d’inaction. Du côté de Vassal, une solution radicale serait de déléguer la compétence de la propreté aux mairies de secteur et de mettre en place une politique stricte de verbalisation pour ceux qui polluent la ville. « Il n’y a pas besoin de grand soir juridique et institutionnel », a-t-il ajouté.
La thématique de la propreté à Marseille continue de passionner les citoyens, comme en témoigne le baromètre des déchets lancé par le collectif « Basta », qui a déjà recueilli plus de 1 000 réponses en trois semaines.
* Enquête menée auprès d’un échantillon de 829 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 25 novembre au 1er décembre 2025.