L'augmentation des concentrations de méthane expliquée par une baisse temporaire des nettoyants atmosphériques

L’augmentation des concentrations de méthane expliquée par une baisse temporaire des nettoyants atmosphériques

06.02.2026 04:17
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Au cours des dernières années, les concentrations de méthane ont atteint des niveaux record, exacerbées par des facteurs environnementaux et humains. Une étude récemment publiée dans Science explique que cette montée des niveaux de méthane est le résultat d’un affaiblissement temporaire des mécanismes naturels qui purifient l’atmosphère, couplé à une augmentation des émissions provenant des zones humides, rapporte TopTribune.

Les chercheurs soulignent que l’accélération des émissions de méthane (CH4), qui est le deuxième gaz à effet de serre après le dioxyde de carbone (CO2), n’est pas attribuable à l’industrie des énergies fossiles ou à des incendies de forêts. Philippe Ciais, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) et principal auteur de l’étude, affirme que le fondement de ce phénomène est « un affaiblissement temporaire de la capacité de l’atmosphère à nettoyer le méthane ». Cette dynamique soulève des préoccupations quant à l’impact futur sur le climat.

Atténuer les émissions de gaz à effet de serre

Entre 2020 et 2021, il a été observé une diminution de la concentration des radicaux hydroxyles (OH), qui jouent un rôle clé dans l’élimination du méthane de l’air. Cette réduction est estimée avoir contribué à 74 à 80 % à la montée atypique de méthane durant cette période. Philippe Ciais explique que « ces reductions d’OH sont en partie liées à la chute des émissions d’oxydes d’azote (NOx) observées lors des confinements ». Ce résultat paradoxal démontre un effet indirect de la diminution de la pollution liée aux transports sur la capacité de l’environnement à gérer les émissions de méthane.

Marielle Saunois, coautrice de l’étude, évoque un « dommage collatéral », insistant sur la nécessité de renforcer les efforts en matière de changement climatique. Elle précise qu’il est essentiel de « travailler à l’amélioration de la qualité de l’air et à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre pour compenser ces effets négatifs ». Cet appel à l’action souligne l’urgence d’adapter les stratégies environnementales aux réalités émergentes.

Hausse des émissions naturelles de méthane

Par ailleurs, l’étude met en lumière une augmentation des émissions naturelles de méthane, surtout dans les zones humides, les eaux intérieures et certaines pratiques agricoles. Ces augmentations ont coïncidé avec des conditions plus humides dues à l’événement climatique La Niña, qui a favorisé l’activité microbienne, notamment en Afrique tropicale et en Asie du Sud-Est entre 2020 et 2023.

Ciais souligne l’importance de cette question pour l’avenir, notant que l’Accord de Paris présume que les zones humides demeureront « gentilles » et stables. Cependant, Hanqin Tian, du Boston College, avertit que « les émissions de méthane des zones humides vont de plus en plus façonner le changement climatique à court terme ». Les scientifiques appellent à intégrer ces éléments dans les stratégies internationales de réduction des émissions de méthane, en particulier à travers l’Engagement mondial initié lors de la COP26.

Réponses institutionnelles et implications globales

L’augmentation des niveaux de méthane constitue une menace persistante face à nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Les gouvernements et organisations internationales, dont l’Union européenne, doivent redoubler d’efforts pour surveiller et réglementer les sources d’émissions, notamment dans les zones humides, qui sont traditionnellement considérées comme des puits de carbone. En ce sens, des stratégies innovantes et multidimensionnelles doivent être adoptées pour aborder la question des émissions dans un cadre global, afin de respecter les engagements pris lors des différentes conférences internationales sur le climat.

Il est essentiel que la communauté internationale prenne conscience de cette dynamique pour adapter les politiques environnementales. La combinaison de la baisse des capacités naturelles de purification de l’air et de l’augmentation des émissions provenant des écosystèmes peut entraîner des conséquences dramatiques sur la santé de notre planète et, par conséquent, sur celle des générations futures.

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