Jérôme Guedj annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 sans passer par la primaire

Jérôme Guedj annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 sans passer par la primaire

05.02.2026 17:07
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Jérôme Guedj annonce sa candidature à l’élection présidentielle sans passer par la primaire

Le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 lors d’une déclaration faite le 5 février. Ce choix a surpris nombre d’observateurs, d’autant que Guedj, peu connu du grand public, s’exprime dans un contexte où l’attention se tourne plutôt vers les élections municipales. Cette candidature apparaît donc décalée tant sur le plan temporel qu’en termes de notoriété, rapporte TopTribune.

Âgé de 54 ans, Jérôme Guedj se positionne comme un représentant de l’aile sociale-démocrate du Parti socialiste. Il a affirmé : « Je suis aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle pour porter la voix d’une gauche républicaine, la voix d’une gauche européenne, la voix d’une gauche universaliste, laïque, d’une gauche sociale, écologiste ». Par cette déclaration, il se distingue sans ambiguïté de Jean-Luc Mélenchon, dont il se propose comme alternative à gauche.

Auparavant, Guedj avait collaboré étroitement avec le leader de La France insoumise. Après des études à l’ENA, il devient son assistant parlementaire et le suit en Essonne où il présidera le conseil départemental de 2011 à 2015. Sa première rupture majeure avec Mélenchon s’est produite en 2009, lorsque Guedj a décidé de rester au PS tandis que son mentor fondait le Parti de gauche. Étiqueté « frondeur » sous le quinquennat de François Hollande, il a progressivement évolué vers le centre gauche.

La guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques ont modifié le paysage politique. L’attaque du Hamas en octobre 2023 marque un tournant dans son jugement envers son ancien mentor, avec qui il a exprimé des désaccords publics. En 2024, il refuse de participer aux législatives anticipées avec le Nouveau Front populaire, déclarant que « la conflictualité, la brutalisation du débat politique, c’est la marque de fabrique de Jean-Luc Mélenchon ».

A l’intérieur du Parti socialiste, Guedj s’oppose à Olivier Faure et se montre très critique à l’égard de la primaire de gauche prévue pour le 11 octobre prochain. Il estime que l’accent doit être mis sur l’élaboration d’un programme plutôt que sur des candidatures précoces. « Plus il y aura de candidatures à gauche, plus cela rendra manifeste qu’une primaire est incontournable », a déclaré Marine Tondelier, soulignant la complexité de la situation actuelle.

Dans un contexte où des figures comme Raphaël Glucksmann et François Hollande hésitent encore à se déclarer, Guedj fait une entrée audacieuse dans la course. L’absence de financement et de soutien public soulève des interrogations sur la viabilité de sa candidature. Cependant, il se défend en affirmant que « Certains diront que j’y vais à la hussarde. Oui, mais j’ai toujours fait comme ça ! ».

Alors qu’il aspire à créer un espace politique distinct au sein du PS pour la social-démocratie, cette annonce pourrait également être une stratégie pour anticiper ses concurrents potentiels. « Nous nous rejoignons avec Jérôme sur un point essentiel : seule la gauche républicaine peut porter une alternative crédible face à la victoire annoncée de l’extrême droite, » a suggéré Nicolas Mayer-Rossignol, un de ses alliés potentiels.

Que cette candidature soit perçue comme une manoeuvre isolée ou comme une initiative audacieuse, elle met en lumière les fractures au sein du PS et le besoin pressant d’une réorganisation stratégique sur le flanc gauche du paysage politique français.

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