Quatre médias français sont identifiés comme promoteurs actifs de désinformation climatique

Quatre médias français sont identifiés comme promoteurs actifs de désinformation climatique

05.02.2026 06:36
2 min de lecture

En 2025, un total de six cent soixante-cinq fake news a été recensé par l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME), qui a publié son premier rapport annuel sur la désinformation climatique dans les médias français. De manière alarmante, le sujet climatique, de plus en plus prévalent dans l’espace médiatique télévisuel et radiophonique, semble favoriser l’émergence d’un nombre croissant d’infox, rapporte TopTribune.

« Même si 2025 est la première et seule année pleine pour laquelle a pu être réalisé ce bilan, on observe une augmentation constante de cette désinformation sur les enjeux environnementaux depuis début 2024, en raison de la crise agricole. Depuis lors, la situation ne s’est pas stabilisée, elle s’est même plutôt renforcée », a déclaré Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat, impliquée dans l’élaboration de ce rapport.

Une normalisation de la désinformation

Selon le rapport, l’année dernière, seulement 5 % du temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets liés à l’écologie ou à la problématique climatique. Bien que cette proportion soit minime, elle a permis la prolifération de fake news, souvent diffusées à des heures de grande écoute.

« Le phénomène n’est pas négligeable et nous sommes très alarmés par ce volume », a confirmé Eva Morel, notant que les pratiques de désinformation climatique se normalisent. « Nous avons monitoré les temps d’information sur les chaînes généralistes et les chaînes d’information en continu. On constate que ces sujets sont abordés pendant les pics d’audience, dans des émissions populaires comme ‘l’Heure des Pros’, ce qui peut laisser entendre que certains faits établis relèvent en réalité d’un débat d’opinion », a-t-elle expliqué.

Jusqu’à deux cas de mésinformation par heure

Quatre médias se distinguent comme des relais proactifs de désinformation : Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC. La secrétaire générale de QuotaClimat indique que Sud Radio est particulièrement en tête concernant la diffusion d’infox liées au climat. En effet, l’OME a décompté jusqu’à deux cas de mésinformation sur le climat par heure, une fréquence alarmante, surtout comparée à un cas toutes les 35 minutes en moyenne sur CNews.

Les sujets les plus touchés par la désinformation incluent les énergies renouvelables et les voitures électriques, qui sont des cibles stratégiques pour les politiques publiques de décarbonation en France. Eva Morel souligne qu’il y a un mouvement vers une décrédibilisation stratégique de ces solutions essentielles.

L’espoir d’une véritable « feuille de route »

Malgré ces inquiétudes, des lueurs d’espoir se dessinent. « Plus les médias d’information généralistes informent, moins ils désinforment », a assuré Eva Morel, qui espère que cette tendance se poursuivra, soutenue par une résolution adoptée à la mi-janvier par l’Assemblée nationale. Bien que non contraignante, cette résolution vise à garantir l’intégrité de l’information sur le changement climatique face à la désinformation et aux ingérences étrangères.

Elle appelle également les institutions européennes et le gouvernement français à établir une feuille de route « opérationnelle spécifique » pour lutter contre la désinformation climatique. « Maintenant, il faut que cela soit suivi d’effets », a conclu Eva Morel.

Ce rapport de l’OME met en lumière un problème croissant de désinformation dans les médias, une situation qui nécessite une attention urgente tant pour le cadre légal que pour la responsabilité médiatique en matière d’informations environnementales. La lutte contre la désinformation climatique est essentielle pour garantir une prise de conscience éclairée dans la société française.

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