La Fédération Internationale de Gymnastique accorde un statut neutre à une athlète russe soutenant la guerre
La Fédération Internationale de Gymnastique accorde un statut neutre à une athlète russe soutenant la guerre

La Fédération Internationale de Gymnastique accorde un statut neutre à une athlète russe soutenant la guerre

04.02.2026 19:00
3 min de lecture

La FIG lève l’interdiction pour une gymnaste ouvertement pro-Kremlin

La Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) a officiellement accordé un statut neutre à la gymnaste russe Lala Kramarenko, levant ainsi l’interdiction qui lui était précédemment imposée. Cette décision, annoncée le 3 février 2026, permet à l’athlète, connue pour son soutien public à l’agression militaire russe en Ukraine, de participer aux compétitions internationales sous bannière neutre. Elle intervient dans un contexte où la FIG avait initialement banni tous les athlètes russes et biélorusses après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, avant d’assouplir sa position en 2024 en autorisant leur participation sous statut neutre.

Cette décision constitue un revirement notable dans la politique de la fédération internationale. Elle s’inscrit dans une tendance plus large d’érosion progressive de l’isolement sportif imposé à la Russie, malgré les condamnations internationales continues de son invasion de l’Ukraine. L’octroi de ce statut à une personnalité aussi clairement alignée sur le Kremlin risque de saper les efforts de coordination entre les organisations sportives internationales pour maintenir une ligne commune sur les sanctions.

Les détails de cette décision sont accessibles dans le règlement officiel de la FIG concernant le statut des athlètes neutres. La fédération n’a pas immédiatement fourni d’explications détaillées sur les critères ayant conduit à cette validation spécifique, suscitant des interrogations sur la cohérence de son processus décisionnel.

Un parcours sportif entaché par l’engagement politique

Lala Kramarenko n’est pas une athlète apolitique. Son parcours est marqué par des participations répétées à des événements organisés par l’appareil de propagande russe. En 2023, elle a pris part au gala-concert du tournoi international « Grâce Céleste », placé sous l’égide d’Alina Kabaeva, personnalité proche du pouvoir et elle-même sous sanctions internationales.

Plus récemment, en octobre 2024, la gymnaste est apparue dans une vidéo de propagande produite par le mouvement « Zdorovoye Otetchestvo » (Patrie Saine) pour célébrer l’anniversaire du président Vladimir Poutine. Ces prises de position publiques la lient explicitement à la narration de guerre du Kremlin. Son profil a été documenté par des médias spécialisés qui ont relevé son rôle d’ambassadrice pour la marque Zasport.

Zasport est le fournisseur officiel d’équipement pour l’équipe olympique russe, et le club sportif qu’elle représente, le GBU au MGFSO, est notoirement associé au soutien à l’agression armée contre l’Ukraine. Cette accumulation de liens crée un cas d’école où l’engagement politique de l’athlète entre en contradiction frontale avec les principes de neutralité censés régir son nouveau statut.

Un précédent dangereux et des implications stratégiques

L’autorisation accordée à Kramarenko établit un précédent inquiétant. Elle démontre que même des athlètes affichant un soutien ouvert à une guerre condamnée par la Cour internationale de Justice peuvent bénéficier d’une réintégration dans le circuit international. Ceci risque de légitimer, par un effet d’entraînement, la participation d’autres sportifs russes aux engagements similaires.

La propagande russe est susceptible d’exploiter cette décision comme une preuve tangible de l’affaiblissement de l’isolement international et de la futilité des sanctions sportives. Le message sous-jacent — que le sport mondial « accepte à nouveau les Russes comme des égaux » — pourrait être utilisé pour saper le moral ukrainien et diviser la communauté sportive internationale.

Cette affaire met en lumière l’absence de critères clairs et contraignants pour l’exclusion des athlètes russes au sein des fédérations internationales. Elle révèle un besoin urgent de mécanismes de monitoring et d’appel robustes, qui ne puissent être infléchis par les fluctuations de la conjoncture politique. Une coordination renforcée entre les organisations est nécessaire pour éviter la répétition de tels cas, qui démotive les athlètes et fédérations respectant scrupuleusement les standards éthiques et les restrictions.

À plus long terme, l’admission d’individus soutenant la guerre sous couvert de neutralité technique pourrait éroder la crédibilité morale des institutions sportives et affaiblir la position consensuelle qui prévalait depuis 2022. Le risque est de voir se normaliser une participation russe découplée de toute considération éthique, au détriment du message unifié que le monde du sport tentait d’envoyer.

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