Une avancée significative dans la prédiction des risques liés à la Covid-19
Depuis six ans, l’épidémie de Covid-19 impacte les systèmes de santé du monde entier, le virus SARS-CoV-2 continuant à provoquer hospitalisations et décès. Alors que la pandémie semble persister, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris Cité ont identifié un nouvel outil prédictif basé sur une simple prise de sang, permettant de mieux anticiper l’évolution de la maladie et de cibler les patients à risque, rapporte TopTribune.
Publiée le 23 janvier dans The Journal of Clinical Investigation Insights, cette étude met en avant des marqueurs biologiques signifiant un risque accru de mortalité à trois mois pour les patients hospitalisés avec une pneumonie Covid-19, même peu sévère. Les chercheurs, dirigés par Olivia Lenoir et Pierre-Louis Tharaux, ont pu déterminer ces marqueurs grâce à des échantillons de 196 patients traités dans 15 hôpitaux.
Les analyses ont révélé que l’âge et 14 marqueurs biologiques correlaient avec le risque de décès dans les 90 jours suivant l’hospitalisation. Parmi ces indicateurs, deux marqueurs rénaux et un marqueur anti-inflammatoire ont permis d’élaborer le Corimuno-Score, un modèle statistique évaluant la gravité potentielle de la maladie.
« De nombreuses études avaient déjà montré l’association de facteurs pro-inflammatoires avec la sévérité de la maladie, mais très peu ont pu prédire la mortalité ou le transfert en réanimation pour des cas initialement peu graves », déclare Pierre-Louis Tharaux, directeur de recherche à l’Inserm et auteur principal de l’étude.
Des découvertes révolutionnaires concernant les atteintes rénales
Les marqueurs identifiés ouvrent une nouvelle compréhension des impacts de la Covid-19, particulièrement au niveau immunitaire et rénal. L’interleukine 10, généralement reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires, est associée à un risque de décès supérieur à plusieurs molécules pro-inflammatoires. De plus, les marqueurs rénaux KIM-1 et LCN2 signalent une atteinte rénale aiguë souvent non détectée mais qui apparaît essentielle quant à la gravité des complications.
Ce travail permettra également d’affiner le profil des patients pour les essais cliniques, optimisant ainsi les traitements futurs. Selon l’Inserm, il est crucial de considérer les reins comme des organes sentinelles dans la pneumonie due au SARS-CoV-2, tout en notant que les marqueurs pourraient aussi être pertinents pour d’autres maladies infectieuses graves, telles que les pneumopathies virales comme la grippe.