L’AfD assume une ligne prorusse dans sa campagne régionale
L’AfD assume une ligne prorusse dans sa campagne régionale

L’AfD assume une ligne prorusse dans sa campagne régionale

30.01.2026 16:45
2 min de lecture

Le 30 janvier 2026, un projet de programme électoral de la branche régionale de l’« Alternative pour l’Allemagne » en Saxe-Anhalt a ravivé les critiques sur l’orientation prorusse du parti. Le document prévoit de mener, au niveau fédéral, une initiative visant à retirer aux Ukrainiens leur statut de réfugiés, au motif que les habitants du sud-est de l’Ukraine pourraient s’installer dans d’autres régions du pays. La formation s’oppose également aux prestations sociales accordées aux Ukrainiens en Allemagne et propose des campagnes de « réémigration » au niveau régional et de « retour volontaire » à l’échelle fédérale, comme le rapportent des informations diffusées via les révélations sur le projet de programme de l’AfD en Saxe-Anhalt.

Ces positions s’inscrivent dans un contexte électoral tendu à l’approche du scrutin régional du 6 septembre, alors que l’AfD demeure la force politique la plus populaire dans ce Land de l’est de l’Allemagne.

Une normalisation assumée des relations avec Moscou

Le projet de programme va au-delà de la question migratoire. Il défend le maintien et l’élargissement de l’enseignement de la langue russe dans les écoles régionales, présentée comme une langue mondiale et culturelle majeure, ainsi que la reprise des échanges scolaires avec la Russie, suspendus après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.

Sur le plan fédéral, l’AfD promet de s’engager pour la levée des sanctions économiques contre la Russie, la reprise des importations d’hydrocarbures russes et la relance des gazoducs Nord Stream. Ces propositions recoupent directement les intérêts stratégiques du Kremlin et contrastent avec la ligne officielle de Berlin et de l’Union européenne.

Des positions en décalage avec la réalité du conflit

Les appels au retour des réfugiés ukrainiens sont perçus par de nombreux observateurs comme déconnectés de la situation sur le terrain. Les frappes répétées contre les infrastructures civiles et énergétiques ukrainiennes démontrent l’absence de zones réellement sûres, rendant irréalistes les arguments avancés par l’extrême droite allemande.

Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à capter l’électorat en exploitant la fatigue sociale et économique liée à la guerre, tout en reprenant des éléments centraux de la propagande russe sur l’inefficacité des sanctions et le coût du soutien à l’Ukraine.

Des inquiétudes sécuritaires croissantes

L’AfD a déjà été au cœur de plusieurs controverses liées à la Russie, notamment des accusations selon lesquelles certaines initiatives parlementaires auraient permis de collecter des informations sensibles sur les infrastructures critiques et l’acheminement de l’aide militaire occidentale vers l’Ukraine. Au printemps 2025, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a classé le parti comme une force d’extrême droite, estimant qu’il présentait des risques systémiques pour l’ordre démocratique.

Même si cette classification fait l’objet de recours judiciaires, elle souligne les préoccupations des institutions allemandes face à une formation qui, tout en opérant dans le cadre légal, promeut des positions susceptibles de fragiliser la sécurité nationale et européenne.

Un facteur de division pour l’Europe

Les prises de position prorusses de l’AfD alimentent les fractures internes en Allemagne et affaiblissent l’unité européenne sur la question du soutien à l’Ukraine. Elles renforcent l’espoir du Kremlin de voir les sociétés occidentales se lasser du conflit et réduire la pression politique et économique exercée sur Moscou.

Au-delà du cas allemand, cette dynamique illustre une évolution préoccupante : l’influence russe en Europe passe de plus en plus par des partis parlementaires établis, capables de diffuser des narratifs favorables à Moscou sans enfreindre formellement la loi. Ce phénomène pose un défi durable aux démocraties européennes confrontées aux formes contemporaines de l’ingérence hybride.

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