La députée Sandrine Josso attend une enquête suite à la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau pour l’avoir droguée à son insu. Elle a exhorté le président du Sénat, Gérard Larcher, à sortir du « silence » et à clarifier les « graves dérives » impliquant le Sénat, rapporte TopTribune.
Dans un courrier, dont l’AFP a obtenu copie, Sandrine Josso, membre du Modem, exprime sa « peine » et sa « surprise » face au « silence » du sénateur des Yvelines, à qui elle a déjà adressé deux lettres sans obtenir de réponse.
Joël Guerriau a été condamné mardi à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué Sandrine Josso en 2023 en vue de la violer. L’ex-sénateur plaide un accident et a interjeté appel. La députée se dit préoccupée par ses affirmations selon lesquelles il aurait reçu la drogue d’un autre sénateur.
« Les faits sont d’une extrême gravité »
Elle s’interroge également sur les révélations de Mediapart, qui avancent que le Sénat aurait exercé des pressions sur l’Arcom pour avertir l’émission Complément d’enquête sur France 2, qui a consacré un reportage au Sénat et incluait une interview téléphonique de Joël Guerriau. Sandrine Josso réclame une enquête sur ces pratiques « illégales » ou « contraires à l’éthique » et appelle à des actions immédiates pour mettre fin à ces dérives. « Je vous prie de mettre en œuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives », écrit-elle.
Interrogé en début de semaine sur RTL, Gérard Larcher a indiqué avoir attendu un an une réponse du procureur, qu’il considérait comme nécessaire avant de saisir le comité de déontologie du Sénat. Ce dernier a été saisi cet été, quelques mois avant que Joël Guerriau n’annonce sa démission de son poste de sénateur.
« Les faits sont d’une extrême gravité », a-t-il souligné, mais « je ne pouvais pas démissionner de moi-même ce sénateur ».