Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a fait face à des motions de censure au sein de l’Assemblée nationale ce vendredi 23 janvier 2026, après avoir invoqué l’article 49.3 pour faire adopter le budget gouvernemental en début de semaine. Malgré des tensions palpables, il a réussi à maintenir son poste, la première motion de censure de la gauche ayant été rejetée avec seulement 269 voix pour, alors que 288 étaient nécessaires, rapporte TopTribune.
Les débats entourant les censures viennent du rassemblement des oppositions, notamment du Rassemblement national (RN) et de l’ex-Nouveau Front populaire. Il semble que le gouvernement s’apprête à recourir à une nouvelle fois l’article 49.3 pour éviter un blocage supplémentaire.
Des accusations d’escroquerie budgétaire
Éric Coquerel, président de la commission des finances et membre de La France insoumise, a qualifié le budget de « véritable escroquerie ». Il a exprimé sa honte envers ceux qui ont conçu ce projet, soulignant l’impact potentiel sur la pauvreté en France, qualifiée de « championne d’Europe de l’augmentation de la pauvreté ».
La France est championne d’Europe de l’augmentation de la pauvreté.
Marine Le Pen, à son tour, a critiqué l’utilisation de l’article 49.3 comme une trahison du pacte politique, ajoutant que le gouvernement montre un spectacle « d’insincérité » et de « manœuvre » dans sa gestion budgétaire.
Votre projet, je n’ose pas appeler ça un budget, est un Tchernobyl budgétaire, une chape de béton sous laquelle vous avez tenté de cacher des éléments hautement radioactifs.
Le vote de censure semble peu probable, même au sein des Républicains, qui admettent ne pas soutenir ce budget, tout en craignant les conséquences d’une instabilité politique prolongée.
Réactions variées
Agnès Firmin-Le Bodo, députée du groupe Horizons, a averti que la censure causerait une instabilité politique, alors que Laurent Baumel des Socialistes a plaidé pour un vote qui évite une nouvelle crise budgétaire.
Un gouvernement qui tombe, c’est une crise politique. Cette crise est évidemment redoublée si à l’absence de gouvernement s’ajoute l’absence de budget.
Sébastien Lecornu a défendu son approche, soulignant que le gouvernement cherche à favoriser le débat parlementaire tout en maintenant un budget issu du compromis parlementaire.
Tensions lors des débats
Des tensions ont également émergé lors de l’intervention de Benjamin Lucas-Lundy, député écologiste, qui a reproché au Premier ministre son manque d’écoute durant les débats. Le ton est monté alors qu’il a appelé à voter la censure, ce qui n’a pas abouti.
Monsieur le Premier ministre, vous êtes ici l’invité de l’Assemblée nationale, l’invité au Parlement et vous devez écouter les orateurs qui s’expriment.
Les confrontations politiques révèlent une division croissante au sein du paysage parlementaire français alors que le gouvernement continue naviguer entre soutien et opposition dans un contexte de tensions budgétaires fortes.