Propos controversés d’un député du RN suscitent l’indignation
Lors des débats budgétaires à l’Assemblée nationale, le député du Rassemblement National (RN) Frédéric Pierre-Vos a controversé en évoquant de manière ironique le génocide des Tutsi au Rwanda. Ses déclarations ont immédiatement entraîné des réactions de condamnation et pourraient donner lieu à des sanctions, rapporte TopTribune.
« La résistance à l’oppression, c’est de ne pas confondre égalité et égalitarisme et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands », a affirmé le député de l’Oise au cours d’un débat sur le pacte Dutreil, qui propose un abattement fiscal de 75 % sur les transmissions d’entreprises familiales aux descendants. Ses commentaires ont choqué de nombreuses personnalités politiques.
« Intolérable »
Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social, a qualifié ses propos d’« absolument honteux » et a déclaré : « Cela revient à une attitude négationniste […] Comparer le fait de vouloir la juste contribution des Français à un génocide où des gens ont été tués à la machette, c’est inadmissible ». Cette réaction a été suivie par celle du député Hervé Berville (Renaissance), orphelin tutsi, qui a parlé d’une phrase « intolérable » qui « inverse la victime et le bourreau ». Il a également souligné : « Cela dit beaucoup du chemin qu’il nous reste à parcourir pour faire en sorte que ce génocide des Tutsi au Rwanda soit pleinement reconnu. »
Le groupe macroniste a manifesté son indignation sur X, rappelant qu’« après trente ans, sous les applaudissements de ses collègues, un député RN choisit d’ironiser sur ce tragique massacre ». Selon l’ONU, le génocide au Rwanda a causé la mort de plus de 800.000 personnes, essentiellement des Tutsi, exterminés entre avril et juillet 1994.
Des sanctions à venir ?
La réaction de la classe politique a été unanime, d’autres députés, y compris Boris Vallaud, président du groupe PS, ont condamné cette comparaison macabre. Il a exprimé son souhait que le bureau de l’Assemblée nationale, responsable des sanctions, « se saisisse de ces propos qui sont extrêmement graves ». Marie-Agnès Poussier-Winsback, présidente de séance, a également réagi en promettant d’intervenir.
En réponse à la controverse, le député Jean-Philippe Tanguy (RN) a présenté ses excuses au nom de son groupe, déclarant : « Nous honorons la mémoire des victimes du génocide au Rwanda. »