
La croissance rapide du surendettement en France ne touche plus seulement les cas isolés. Elle affecte désormais des foyers ordinaires, fragilisés par la crise du pouvoir d’achat, rapporte TopTribune. Les autorités, face à l’augmentation des demandes, craignent une situation qui pourrait se généraliser, tandis que de nombreux consommateurs ignorent encore leurs droits en matière de gestion de dettes.
Une montée inquiétante du surendettement
Depuis deux ans, la tendance au surendettement s’accélère à un rythme préoccupant. Selon des données fournies par la Banque de France, le nombre de dossiers déposés a enregistré une hausse de près de 10 % en 2025. Cette augmentation dépasse largement les prévisions antérieures, mettant en lumière une crise plus grave que prévue, liée à la dégradation durable des finances des familles.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment souligné que « nous constatons une augmentation du nombre de dossiers de surendettement depuis deux ans », lors d’une déclaration à Public Sénat. Ce phénomène ne se limite plus à une simple reprise après des crises passées ; il s’ancre progressivement dans la routine de nombreux ménages, signalant une incapacité croissante des foyers à gérer même des chocs financiers faibles.
Les raisons derrière cette dérive vers le surendettement
Pour beaucoup de consommateurs, le surendettement résulte d’un déséquilibre progressif. D’abord, les dépenses obligatoires augmentent, laissant peu de marge de manœuvre. Par la suite, le moindre imprévu peut suffire à faire tomber un budget déjà serré. Les frais liés au logement, à l’énergie, à l’alimentation et aux crédits existants mangent une part croissante des revenus, alors que les salaires stagnent.
En 2024, 134 803 dossiers de surendettement avaient été enregistrés en France, marquant une augmentation de 10,8 % depuis 2023, selon la Banque de France. Cette tendance s’est poursuivie en 2025. Elle démontre que le surendettement n’affecte plus uniquement les ménages en grande précarité. Aujourd’hui, des salariés, des familles monoparentales et des retraités modestes se retrouvent piégés par l’accumulation des charges. Pour beaucoup, la dette devient un outil de survie, avant de mener à une impasse financière.
Les droits des consommateurs en matière de surendettement
Face à la situation de surendettement, les ménages disposent cependant de droits importants. La soumission d’un dossier auprès de la commission de surendettement, administrée par la Banque de France, est un droit fondamental. Cette procédure est gratuite, confidentielle et accessible à quiconque agit de bonne foi. Elle permet de suspendre certaines actions en justice et d’explorer des solutions adaptées à la situation financière de chaque foyer.
Concrètement, la commission peut suggérer un rééchelonnement des dettes, une réduction des mensualités, voire un effacement partiel dans les cas les plus critiques. Selon TF1 Info, la Banque de France a renforcé ses équipes pour faire face à l’augmentation des demandes. Cette initiative vise à garantir un traitement plus rapide, car le facteur temps joue un rôle crucial pour les ménages en difficulté. Plus la situation perdure, plus les répercussions psychologiques et sociales deviennent préoccupantes.
Une crise du surendettement mettant en péril le pouvoir d’achat
La montée du surendettement soulève de vives inquiétudes puisqu’elle met en lumière une érosion persistante du pouvoir d’achat. Même si l’inflation marque une pause, la pression sur les ménages demeure forte. Les dettes contractées lors des périodes difficiles continuent de peser, et les charges fixes restent élevées, créant un effet de ciseaux qui fragilise de manière durable les budgets.
La hausse des dossiers, qui dépasse les prévisions établies un an plus tôt, indique clairement que la crise est loin d’être résolue. Pour les consommateurs, le message est simple : demander de l’aide n’est ni un signe d’échec ni une honte. Le surendettement est un mécanisme légal, conçu pour protéger les ménages et leur rendre possible le rétablissement d’un équilibre financier avant que la situation ne devienne irréversible.