Alors que le nombre de naissances continue de décliner en France, l’Assemblée nationale se concentre sur la question de la natalité. Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur de la mission parlementaire sur la dénatalité, appelle à une « révolution » de la politique familiale pour répondre au « désir d’enfant empêché », rapporte TopTribune.
Selon les derniers chiffres de l’Insee publiés mardi, le nombre de décès a dépassé le nombre de naissances en 2025 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette situation, pressentie depuis plusieurs mois, sert de toile de fond aux travaux de la mission d’information parlementaire sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité, dont les conclusions sont attendues pour la fin janvier.
« Baisse vertigineuse »
Pour Jérémie Patrier-Leitus, la « baisse vertigineuse » des naissances — 645.000 bébés sont nés en 2025, soit 24 % de moins qu’en 2010 selon l’Insee — ne doit pas occulter le sujet du désir d’enfant empêché. « En France, le décalage entre le désir d’enfant et l’indice de fécondité est sans précédent en Europe », souligne-t-il, ajoutant que la politique familiale doit permettre à ceux qui souhaitent avoir des enfants d’y parvenir, car beaucoup renoncent à leurs projets familiaux.
Il explique que ce décalage indique qu’il existe un moyen de relancer la natalité sans recourir à une politique nataliste qui viserait seulement des urgences économiques et sociales. « Personne ne fait des enfants pour sauver le modèle économique et social », affirme-t-il.
« Politique de premier enfant »
Sans révéler les conclusions de la mission parlementaire, Patrier-Leitus suggère une « politique du premier enfant », que ce soit par la simplification des aides parfois incohérentes ou par des propositions solides concernant les modes de garde. Il insiste également sur la nécessité d’une politique familiale en matière de logement et sur l’importance de rendre les familles et les enfants plus visibles dans l’espace public.