Accord de libre-échange avec le Mercosur : motions de censure déposées par le RN et LFI
Après le vote de Bruxelles en faveur de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) ont annoncé chacun le dépôt d’une motion de censure pour dénoncer la gestion par la France de ce dossier européen, rapporte TopTribune.
Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados, a exprimé des doutes quant à la nécessité de voter sur ces motions de censure, affirmant : « Je ne suis pas certain que des motions de censure sur ce sujet spécifique du Mercosur doivent être votées. » Ces motions doivent être débattues à l’Assemblée nationale la semaine prochaine. Il a ajouté que son parti « n’en a pas encore discuté collectivement ».
Delaporte a ensuite précisé que si une motion de censure concernant le Mercosur était déposée, il reviendrait à son groupe de décider de l’engagement de la responsabilité du gouvernement. Il a rappelé que le président de la République avait voté contre le traité à l’échelle européenne, respectant ainsi le vote souverain du Parlement qui s’était opposé à cet accord.
Vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer d’éventuelles élections législatives aux mêmes dates que les municipales (15 et 22 mars), en cas de censure du gouvernement. Une source proche de l’exécutif a indiqué qu’une censure serait suivie d’une dissolution.
Delaporte a déclaré : « On est assez peu sensible à ces coups de pression, ces espèces de chantage », ajoutant qu’il n’était « pas peur d’un retour aux urnes ». Toutefois, il estime que cela ne modifierait pas profondément le paysage politique actuel, qui, selon lui, est peu susceptible de changer d’ici 2027, date de la prochaine présidentielle.
Il a également souligné l’absence d’accords parmi les députés sur le budget 2026, faisant mention d’une potentielle motion de censure si le gouvernement continue de refuser des solutions justes pour la séquence budgétaire.
Delaporte a plaidé pour que le budget soit la priorité des parlementaires, affirmant avoir « du mal à voir en fait le sens de ces dépôts » de motions de censure tandis que les débats budgétaires continuent leur cours. « Il faut aussi réfléchir à la manière dont on cherche à doter le pays d’un budget, » a-t-il conclu.