Le fisc a désormais accès à toutes vos transactions en crypto-monnaies : les véritables changements depuis le 1er janvier.

Le fisc a désormais accès à toutes vos transactions en crypto-monnaies : les véritables changements depuis le 1er janvier.

10.01.2026 08:27
2 min de lecture

Depuis une semaine, une nouvelle directive européenne, désignée sous le nom de DAC8 (pour « coopération administrative dans le domaine fiscal »), a commencé à s’appliquer aux plateformes de cryptomonnaie au sein de l’Union européenne, comme le souligne BFMTV. Cette réglementation modifie en profondeur la surveillance des transactions en cryptomonnaies.

Depuis le 1er janvier 2026, les autorités fiscales françaises, ainsi que celles de nombreux autres pays européens, ont la capacité d’accéder à toutes les transactions réalisées par les résidents sur les plateformes de cryptomonnaie. Cette disposition s’applique également aux comptes étrangers si ces derniers sont gérés sur des plateformes inscrites dans l’UE. Cette évolution marque un tournant significatif pour les utilisateurs de cryptomonnaies, qui devront s’adapter à ce nouveau cadre législatif, rapporte TopTribune.

Ce que couvre DAC8 et pourquoi

La directive DAC8 élargit la coopération administrative en matière fiscale aux transactions en cryptomonnaies, instaurant un échange automatique d’informations entre les diverses administrations fiscales européennes.

Les transactions effectuées depuis le 1er janvier 2026 sont soumises à cette réglementation. Les plateformes centralisées de cryptomonnaie, appelées CEX, ainsi que celles qui respectent les normes PSAN (en France) et PSCA (en Europe), ont l’obligation de faire rapport des données de leurs clients aux autorités fiscales. La première échéance de déclaration est fixée au 30 septembre 2027.

La Commission européenne mentionne que l’objectif principal de cette directive est de « lutter contre la fraude fiscale et d’endiguer l’évasion et l’optimisation fiscales en intégrant les cryptomonnaies dans son domaine d’application ». Ces mesures sont conçues pour améliorer la détection des fraudes fiscales.

Ce que ça change pour les utilisateurs

L’implémentation de DAC8 entraîne plusieurs répercussions pour les utilisateurs de cryptomonnaies, notamment un contrôle fiscal renforcé. À partir de maintenant, toutes les plus-values générées par le biais des cryptomonnaies doivent être déclarées, rendant donc la fraude fiscale quasi impossible.

Cependant, cette transparence financière accrue soulève également des préoccupations en matière de sécurité. Des spécialistes s’inquiètent de ce que la collecte massive d’informations puisse exposer les utilisateurs à des risques de fuite de données et, dans des cas plus extrêmes, à des menaces à leur sécurité physique. Renaud Lifchitz, expert en sécurité dans le domaine des cryptomonnaies, avertit que cela pourrait entraîner des « braquages et enlèvements », des événements qui ont été « multipliés depuis le début de l’année ».

Pour éviter d’être surveillés, certaines stratégies sont évoquées : l’utilisation de portefeuilles froids, tels que Ledger (portefeuille matériel), ou le recours à des plateformes décentralisées (DEX), qui ne sont pas directement affectées par cette directive.

Qui est concerné et comment ça évolue

Avant l’entrée en vigueur de DAC8, les plateformes de cryptomonnaie n’étaient tenues de transmettre des informations qu’en cas de suspicion de financement du terrorisme ou de réglementation anti-blanchiment. Désormais, le cadre a été considérablement élargi.

Les plateformes enregistrées dans 48 pays, y compris les Îles Anglo-Normandes, le Brésil, les Îles Caïmans et l’Afrique du Sud, sont soumises à cette règle depuis le 1er janvier 2026. Au total, 75 pays se sont engagés à appliquer cette directive.

Andrew Park, associé spécialisé en enquêtes fiscales chez Price Bailey, a déclaré au Financial Times : « C’est le début de la fin pour les investisseurs en cryptomonnaies qui pensaient pouvoir investir et générer des profits dans l’anonymat, loin des yeux des autorités fiscales ». Seb Maley, directeur général de l’assureur fiscal Qdos, évoque un « tournant majeur » dans la surveillance fiscale des transactions en cryptomonnaies.

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