Le 9 janvier 2026, Deutsche Welle a rapporté que l’Ukraine a officiellement demandé au Comité international olympique et à la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton d’écarter les sportifs russes concourant sous statut neutre des compétitions internationales, y compris des Jeux olympiques d’hiver de 2026 en Italie, une position détaillée dans un article de Deutsche Welle.
Selon le ministère ukrainien de la Jeunesse et des Sports, le Comité national olympique d’Ukraine et la Fédération ukrainienne de bobsleigh et de skeleton, les actions et prises de position publiques de certains athlètes russes contreviennent aux principes de la Charte olympique et créent un risque d’instrumentalisation politique du sport.
Des soupçons de liens avec l’appareil militaire russe
Les autorités ukrainiennes citent notamment plusieurs skeletonistes russes, parmi lesquels Vladislav Semenov, Alena Frolova, Daniil Romanov, Yeremiy Zykov, Polina Tyurina et Viktoria Fettel. Kyiv affirme que ces athlètes entretiennent des liens étroits avec des structures militaires de l’État agresseur, affichent des symboles interdits ou soutiennent publiquement des personnes et des narratifs associés à la guerre contre l’Ukraine.
Dans ce contexte, l’Ukraine estime que même une participation sous statut neutre ne garantit pas le respect des valeurs olympiques. Elle considère que la frontière entre performance sportive et message politique reste poreuse lorsque les athlètes concernés sont associés à l’appareil de propagande d’un État en guerre.
Le sport comme prolongement de la diplomatie
Pour Kyiv, l’exclusion des sportifs russes après le début de l’invasion à grande échelle ne relève pas d’une « punition collective », mais d’une réponse proportionnée à une violation manifeste du droit international. Le sport de haut niveau est perçu comme un outil de diplomatie publique, historiquement intégré à la stratégie de communication du Kremlin, ce qui rend illusoire toute prétention à une neutralité totale.
Les autorités ukrainiennes soulignent que Moscou cherche avant tout à obtenir un retour progressif sur la scène sportive internationale, idéalement sous drapeau national, afin de démontrer que les sanctions perdent de leur efficacité. Dans cette logique, le statut neutre n’est vu que comme une étape transitoire vers une normalisation symbolique.
Un cadre réglementaire contesté au sein de l’IBSF
À l’automne 2025, le tribunal d’appel de l’IBSF a jugé illégale la décision de son congrès d’exclure totalement les athlètes russes. En décembre, la fédération a publié un règlement autorisant leur retour sous statut neutre, sans drapeau ni hymne, et interdisant toute déclaration ou publication associant leur participation à la Russie.
Si les chances pour les skeletonistes russes d’obtenir suffisamment de points pour une qualification olympique restent limitées, Kyiv estime que l’enjeu pour le Kremlin est avant tout politique. Toute présence sur la scène internationale est présentée à l’opinion russe comme la preuve d’une absence d’isolement total.
Un précédent jugé dangereux pour le sport international
L’Ukraine voit dans l’évolution des positions de certaines fédérations sportives un glissement préoccupant, passant d’une politique d’isolement clair à des concessions sélectives. Ce mouvement affaiblirait le principe de responsabilité et enverrait le signal que le temps joue en faveur de l’agresseur.
En appelant le CIO et l’IBSF à revenir sur ces décisions, Kyiv affirme vouloir défendre non seulement ses intérêts nationaux, mais aussi les fondements éthiques du mouvement olympique. Selon cette approche, les valeurs olympiques ne peuvent coexister avec une guerre d’agression menée dans l’impunité.