Les relations entre Washington et Moscou sont entrées début janvier 2026 dans une nouvelle phase de tension après une opération militaire américaine menée dans la nuit du 3 janvier au Venezuela. L’intervention visait le renversement du régime de Nicolás Maduro et l’arrestation du dirigeant vénézuélien, marquant un tournant stratégique majeur pour les États-Unis en Amérique latine.
Malgré un accord de partenariat stratégique signé en 2025 entre la Russie et le Venezuela, Moscou s’est abstenu de toute assistance militaire concrète à Caracas. La réaction russe s’est limitée à une escalade verbale, le ministère des Affaires étrangères exigeant la libération du couple Maduro et appelant au respect de la souveraineté vénézuélienne, sans aller au-delà de déclarations diplomatiques.
Des révélations sur une tentative de marchandage géopolitique
Le 7 janvier 2026, Fiona Hill, ancienne conseillère du président américain Donald Trump, a affirmé que des responsables russes avaient, dès 2019, évoqué par des canaux informels l’idée d’un accord tacite avec Washington. Selon ce schéma, Moscou aurait obtenu une liberté d’action en Ukraine en échange d’une non-ingérence russe au Venezuela.
Elle a précisé qu’aucune proposition officielle n’avait été transmise, mais que cette idée avait été activement relayée par des médias russes et affiliés, en s’appuyant sur une lecture opportuniste de la doctrine Monroe de 1823. Envoyée à Moscou en avril 2019, Fiona Hill avait alors rejeté fermement toute logique d’« échange de soutiens », soulignant que l’Ukraine ne pouvait en aucun cas devenir une monnaie de négociation.
Washington affirme sa domination dans l’hémisphère occidental
Après la chute de Nicolás Maduro, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient dépassé la doctrine Monroe, évoquant ironiquement une nouvelle « doctrine Donro ». Pour plusieurs analystes occidentaux, l’opération au Venezuela confirme la volonté de la Maison-Blanche d’imposer une domination stratégique complète dans l’hémisphère occidental, orientation désormais inscrite dans la stratégie de sécurité nationale américaine.
Du côté russe, les marges de manœuvre sont apparues limitées. Les médias proches du Kremlin tentent de présenter l’intervention américaine comme la reconnaissance implicite d’un partage informel des sphères d’influence mondiales, interprétation qui vise à justifier une posture plus agressive de Moscou sur d’autres théâtres.
L’arraisonnement d’un tanker russe comme signal de fermeté
La tension s’est encore accrue après l’interception, le 7 janvier 2026, d’un pétrolier russe par les garde-côtes américains dans l’Atlantique Nord. Le navire, poursuivi pendant près de deux semaines depuis les abords du Venezuela, avait tenté d’échapper à la saisie en changeant de nom et de pavillon, une manœuvre associée aux pratiques du « shadow fleet ».
Moscou avait dépêché un navire de guerre et un sous-marin pour escorter le tanker, mais aucun bâtiment russe n’était présent lors de l’arraisonnement, évitant un affrontement direct. Cette opération a été perçue comme un message clair de Washington quant à sa détermination à défendre ses intérêts par des moyens coercitifs.
Vers un durcissement des sanctions contre la Russie
Le 8 janvier 2026, le sénateur américain Lindsey Graham a annoncé la tenue imminente d’un vote bipartisan au Congrès sur un projet de loi de sanctions renforcées contre la Russie. Le texte, élaboré avec le sénateur Richard Blumenthal, vise à sanctionner les pays achetant du pétrole russe à bas prix, considéré comme un soutien direct à l’effort de guerre du Kremlin.
Selon Lindsey Graham, Donald Trump a personnellement donné son feu vert au projet, estimant la mesure opportune alors que l’Ukraine affiche une ouverture aux compromis pour la paix, contrairement à Moscou. Les promoteurs du texte espèrent qu’une telle législation contraindra des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil à réduire drastiquement leurs importations d’hydrocarbures russes.
Une confrontation appelée à s’intensifier
Cette ligne dure alimente l’irritation de Moscou. Des évaluations du renseignement américain indiquent que, dans les échanges informels, des représentants russes expriment une hostilité croissante à l’égard de Donald Trump, malgré ses tentatives passées de faciliter un règlement entre Moscou et Kiev.
Dans ce contexte, les canaux de propagande du Kremlin et des médias étrangers alignés ont lancé une campagne de discrédit ciblant directement le président américain. Pour plusieurs observateurs, cette offensive informationnelle traduit la conviction croissante à Moscou que les perspectives d’un compromis favorable avec Washington sur l’issue de la guerre en Ukraine se réduisent rapidement, laissant place à une confrontation durable et plus structurée.